Les détails dans l'Art

November 04, 2019


"Les détails font la perfection, et la perfection n'est pas un détail."
Léonard de Vinci, Carnets.


Voilà des semaines que je vous le promets, le voici enfin en téléchargement libre : le jeu des détails dans l'Art ! 🎉🎉🎉


Description du jeu : Il est composé d'un corpus de dix œuvres classiques, et de huit détails pour chacune d'elle (soit 80 détails en tout, oui ! 😊).

But du jeu : Mettre en relation un ou plusieurs détail(s) à l’œuvre dont il est issu.

Objectifs : Affiner son regard, apprendre à regarder "en profondeur", et à terme, construire une expérience sensorielle concrète de ce qui fait la singularité de la technique d'un artiste.





Comment jouer ?

À vrai dire, ce jeu m'a surprise par les multiples utilisations qui peuvent en être faites, et que j'étais loin d'avoir toutes anticipées en le concevant. Voici un petit tour d'horizon des utilisations auxquelles il s'est prêté chez nous, mais il y en a certainement d'autres ! N'hésitez pas à me dire comment votre enfant aime y jouer !

Trois règles du jeu de difficultés progressives : 

1. On peut, pour un premier contact, sélectionner une œuvre, et une seule, ainsi que les 8 détails s'y rapportant. On s'amuse à localiser chacun avec précision. Ils ne sont généralement pas choisis au hasard, et on peut en profiter pour faire quelques digressions historiques ou techniques afin d'initier l'enfant à l'analyse artistique. Je vous renvoie à mes notes en fin d'article si cet aspect vous intéresse ! 😊


2. Il est également possible d'isoler un détail pour chaque œuvre : on propose alors les dix œuvres du corpus et dix détails (un pour chacune), et l'enfant les met en relation. La difficulté de l'exercice varie selon le détail choisi.


3. Enfin, il est possible de proposer plusieurs œuvres de front (de deux à dix, selon le niveau de difficulté visé) et de retrouver pour chacune tous les détails qui lui correspondent. L'essence de chaque œuvre se dégage de ce travail, c'est assez fascinant ! Les tons bleutés chers à Renoir, les coups de pinceaux volontairement très visibles de Van Gogh... Avec un peu d'entrainement, la plupart des détails peuvent être rapportés à un artiste en un seul coup d’œil - d'autres, bien sûr, sont plus "résistants", sans quoi ce ne serait pas drôle ! 😄 D'ailleurs, il est très intéressant d'hésiter, au moment de rapprocher un détail d'une œuvre ou d'une autre : c'est certainement qu'il existe une similarité forte entre les deux tableaux, qu'elle soit d'ordre technique ou thématique ... Laquelle ?


Voici deux petites activités bonus inventées par Antonin :

- Ranger les œuvres par ordre chronologique - c'est facile, la date d'achèvement de l’œuvre est inscrite sur chaque carte.


- Sélectionner un détail pour chaque œuvre, les mélanger, puis les ranger par ordre chronologique - beaucoup plus difficile, évidemment ! 😊


D'autres idées de jeux express :

- Jouer au Mémory, en sélectionnant deux détails pour chaque œuvre. Les détails choisis sont étalés face cachées sur la table et le premier joueur retourne deux cartes. Si les détails retournés se rapportent à la même œuvre, il les gagne ; dans le cas contraire, il les replace contre la table et c'est au joueur suivant de retourner deux cartes.

- Organiser une chasse : cacher quelques détails (un par œuvre) dans la maison. L'enfant pioche une œuvre d'art et doit retrouver le détail qui lui correspond. 
Variante, plus difficile : On sélectionne deux détails par œuvre, on en cache un sur les deux, le reste constituant la pioche. L'enfant pioche une carte-détail et doit retrouver celle qui se rapporte à la même œuvre.

- Jouer au Kim : on dispose huit détails d'une œuvre devant l'enfant qui les observe quelques minutes avant de fermer les yeux ; on en ôte un, on mélange ceux qui restent ... Quel est le détail manquant et que représente-t-il ?

Mais encore une fois, je suis sûre que vos familles auront plein d'autres idées !


Il m'était difficile de ne pas clore cet article par quelques "clefs" de lecture... Le développement qui suit est un peu long, mais rien ne vous oblige à le lire, hein ... 😉

Je n'ai évidemment pas choisi les détails de chaque œuvre au hasard ! L'idée est de guider le regard de l'enfant vers des éléments signifiants, caractéristiques d'une technique, d'un genre ou d'un artiste. À vous de voir ce que vous souhaitez faire du blabla qui suit - il n'est là que pour vous aider à donner de l'épaisseur aux petits jeux ci-dessus. Pas question de ressortir tout cela tel quel à votre enfant, c'est à vous de voir ce que vous souhaitez transmettre, ce que vous trouvez pertinent d'accentuer, en fonction de son âge, de ses centres d'intérêt et de sa sensibilité (et de la vôtre !).

J'assume d'ailleurs la totale subjectivité des notes qui suivent - c'est mon cœur qui parle ! 😄 Toutes remarques supplémentaires seront accueillies avec joie, qu'elles soient de l'ordre du ressenti ou de l'histoire de l'Art. N'hésitez pas à rebondir et à compléter mes dires dans les commentaires !

1.  Scène de cuisine avec le Christ dans la maison de Marthe et Marie, Diego Vélasquez  (1618) :


- Jésus qui vient dîner chez Marthe et Marie, c'est un motif récurrent de l'Histoire de l'art dès le 16e siècle. L'exercice consiste à mêler scène religieuse avec scène de cuisine, la seconde éclipsant souvent la première au yeux du néophyte. Ce sont des tableaux qui contiennent un secret, une "histoire cachée", qu'il faut aller chercher dans les détails de l’œuvre - et cette version de Vélasquez se prête  à la perfection à mon petit jeu !

- J'ai choisi de faire figurer quelques détails culinaires du premiers plan, parce qu'ils sont d'un réalisme époustouflant et qu'ils tissent un pont entre peinture religieuse et Nature morte. Ils ne sont pas choisi au hasard par le peintre : le poisson est le symbole majeur que les premiers chrétiens adoptèrent en signe de reconnaissance. L’œuf, dans la plupart des traditions antiques, a une symbolique très riche ; il représente la naissance, voire la renaissance, et est une parfaite métaphore de la résurrection du Christ. L'ail se rapporte aux souvenirs de la nourriture d’Égypte, qui hantaient les Israélites dans leurs privations du désert ...

- Ce tableau raconte une histoire, qui était bien connue aux "spectateurs" de l'époque : Jésus passe la soirée dans la maison de deux jeunes sœurs, Marthe et Marie. Marthe prépare le repas pour son hôte, tandis que Marie déserte la cuisine pour écouter la parole du Christ, laissant tout le boulot à sa sœur ...  On comprend la mine renfrognée de Marthe, au premier plan du tableau ! 😊

- La vielle femme fait le lien entre les deux "tableaux" du tableau. Les historiens de l'art pensent qu'elle figure physiquement deux fois ici : une fois au premier plan (elle vient en cuisine dire à Marthe qu'elle ne doit pas attendre d'aide de sa sœur) et une fois à l'arrière plan (elle prend le message du Christ qui explique que Marie a fait le bon choix en l'écoutant sans se soucier des tâches matérielles). N'est-ce pas un choix étrange de la part de l'artiste ? Cette vieille femme si peu engageante est choisie comme trait d'union entre deux mondes - le matériel et le spirituel ...

- Que faut-il penser de cette scène, en tant que modernes ? Faut-il plaindre Marthe et blâmer Marie ? Ou, en accord avec Jésus, revoir ses priorités, apprendre à renoncer aux "Je n'ai pas que cela à faire" et faire l'expérience de la paix ici et maintenant ? 😉

2. Une femme buvant avec deux hommes, Pieter de Hooch, 1658 :  


-  Ce tableau est-il aussi sage qu'il en a l'air ? Bon, à vous de voir si vous souhaitez détailler la symbolique sous-jacente avec votre enfant : une femme, deux hommes, du vin ... La femme est l'incarnation du vice, c'est bien connu au XVIIe siècle. 😉 D'ailleurs, la protagoniste est vue de dos, et qui sait ? Si elle se retournait, elle aurait peut-être le visage de Lucifer ... La trogne de l'homme blond, en face d'elle, exprime un état d’ébriété avancé et une certaine lubricité, ou c'est moi ?

- Le vin  lumineux, que l'on devine sucré à travers les parois translucide du verre délicat, est l'instrument de séduction par excellence. Pas étonnant que ce verre à pied soit le point de fuite du tableau !

- Mais justement, parlons perspective ! Observons le sol en carrelage (motif archi-récurrent chez l'artiste), les poutres du plafond et la linéarité de la cheminée ... La perspective se fait illusion d'optique lorsqu'on regarde le bas de la jupe de la servante, dont les rayures brouillent la vue ... La profondeur est renforcée par des tableaux accrochés au mur, qui "fonctionnent" comme des fenêtres et ouvre le tableau vers un "extérieur" (cartes du monde ou scènes bibliques ?) ...

- Après ce détour mathématique, revenons à l'interprétation symbolique. Tant d'élégance et de raffinement ne peuvent pas être mis au service du vice seul ... Ne nous parlent-ils pas plutôt de la vie intime de la femme silencieuse et intemporelle, dans laquelle chacun se reconnait aisément, puisqu'elle n'a pas de visage ... Les lois géométriques nous parlent de tempérance, de droiture et d'équité, et elles sont difficiles à contredire !

- Malgré les symboles légers qui truffent le tableau,  on ne peut se départir de l'impression qu'il s'agit là d'un intérieur paisible, baigné de lumière - bien trop limpide pour être malhonnête ! Lorsque le tableau a été peint, la guerre de 80 ans venait juste de prendre fin, et les hommes aspiraient à la paix et à la tranquillité. Ça sent le propre, la petite vie domestique sans histoire, l'abondance et la gestion ménagère efficace ...

- Vraiment ? Et ces déchets négligemment jetés sur le sol, alors ? 😉

Tout est mystère dans les lois de l'amour et du vin ... Et cette femme de dos se place exactement à la croisée des interprétations ... 

3. L'allée de Middelharnis, Miendert Hobbema, 1689.


- Pour faire vite, cette œuvre est d'une modernité foudroyante. 😉 Nous sommes au 17e siècle, noyés entre les drames caravagesques, l'exaltation du baroque et les stéréotypes classiques ronflants. Et voilà : l'avenue de Middelharnis, au Pays-Bas. Telle qu'elle est. Telle qu'elle est (presque) encore aujourd'hui. Le chemin est devenu une rue, l'église existe toujours (même si sa flèche a été déconstruite au 19e siècle), et on peut apercevoir à l'horizon, à droite de l'allée, les silhouettes des mâts de bateaux à quai - la mer est toute proche.

- Les peintres naturalistes comme Hobbema ne renoncent pas pour autant à représenter un paysage idéal - c'est là, de toute manière, une exigence de leur temps. Mais ils le font en s'appuyant sur la nature et sur les lois mathématiques. Vous avez dit "perspective" ? 😄

- Il était impossible d'écarter cette ouvre dans un corpus attaché aux détails. C'est le détail qui ici, dote le tableau de la perfection inhérente à la conception de l'art de l'époque. Mais dans le même temps, Hobbema ne cède rien à l'observation de la Nature. Idéal, oui, ce tableau l'est, dans ces proportions et sa construction. Mais tout y est vrai : vivant.

- Amusez-vous à suivre du doigt les lignes verticales (1er, 2e et 3e plans) et horizontales (rangées d'aulnes) de ce tableau !

- Le point de fuite correspond presque à la tête du chasseur qui marche nonchalamment avec son chien, besace et fusil en bandoulière ... Vous le voyez ?

4. Whistlejacket, George Stubbs,  1762 :


- Ceci est un tableau scientifique (et une spéciale dédicace pour ma fille 😊).

- D'abord, ce cheval n'est pas n'importe qui. C'est une star. Bien connue à l'époque pour ses mensurations parfaites et ses exploits sportifs. Son maitre, marquis et premier ministre britannique, commande un portrait de l'animal. Mais attention : monumental, le portrait. Essayez d'imaginer ses dimensions... Oui, c'est cela, presque. Grosso modo, il faut compter 3 mètres de hauteur et 2,50 mètres de large (en comptant un cadre modeste). Ici nous nous sommes amusées à mesurer nos murs pour savoir où on aurait pu le caser ... Je doute qu'il soit très à l'honneur, littéralement coincé entre deux portes et le plafond, mais ça pourrait peut-être le faire ? Il ferait tellement plaisir à Louiselle, vous savez ... 😁

- Voici donc une bête monumentale, deux fois plus grande que nature, qui se cabre fièrement devant vous. Observez de près, puisque c'est le jeu : ce cheval est vivant, ce cheval est en mouvement. Les veines sont visibles, la moindre saillie des muscles aussi. Chaque crin est tracé séparément - chaque poil est tracé séparément. Les yeux sont farouches, les oreilles, en alerte. La cambrure générale est incroyablement réaliste. Pour obtenir ce degré de maitrise anatomique, Stubbs a étudié l'anatomie et la zoologie - il évince totalement l'étude de l'Art de son cursus au proft des sciences, conscient de puiser ses sources dans la Nature seule. C'est un encyclopédiste passionné, un vrai naturaliste, qui travaille pendant des mois à disséquer des chevaux morts afin de les étudier et de les dessiner.

Euh, je n'ai pas encore eu le loisir d'expliquer ce dernier détail à Louiselle ... 😁

5. Madame de Pompadour à son métier à broder, François-Hubert Drouais 1763 : 



- La signature de l'artiste et la date d'achèvement du tableau sont délicatement présentées dans le médaillon d'ivoire ovale cerclé de feuillage doré, qui orne la table de travail. Vous voyez ?  En chaussant une bonne loupe, vous lirez sans difficulté les mots suivants : « Peint par Drouais le fils | la tête en avril 1763 : et le | tableau fini en mai 1764. » ( car le visage a été peint sur un carré de toile séparé, puis intégré à l’œuvre en fin d'ouvrage, un mois après la mort de la protagoniste). Quel raffinement.

- En fait, tout ici est raffinement. Madame de Poupadour est l'incarnation même du raffinement - on parle d'ailleurs de "style Pompadour" pour évoquer cette atmosphère particulière qu'elle avait créée autour de Louis XV. L’œuvre regorge de détails en ce sens : riches étoffes, petit chien de salon, dorures, bois précieux et compagnie.

- Mais Madame de Pompadour est surtout une mécène, qui œuvre énergiquement pour les arts et les lettres de son temps. Elle est la Reine des Lumières, et c'est bien en reine qu'elle est représentée ici. Cherchons cette fois les indices qui renvoient à sa culture et à son intelligence légendaires : les livres de sa bibliothèque, le luth , posé à ses pieds sont les symboles de l'effervescence culturelle de son temps.

6. Mademoiselle Brongniart, Elizabeth Vigée le Brun, 1788 :


- C'est à mon sens l'un des tableau les plus "lisibles" de la série, commencez peut-être par lui avec un jeune enfant ! La précision du dessin est quasi photographique, et il m'a été difficile de me cantonner à huit détails seulement ! Observez aussi le nœud du fichu de plumetis sur les reins de la fillette, ou la fronce du ruban qui orne son sac (etc.etc.) ...

- Vigée le Brun est une artiste "au naturel" : admirez les étoffes fluides, non empesée, les cheveux flous qui tombent librement sur les épaules, sans poudre ni perruque ... Nous sommes sous la Révolution, et tant de naturel ne court pas les rues !

- Le fond neutre et abstrait (mais non monochrome) est assez audacieux pour son temps et vise à mettre en valeur la figure de l'enfant, sujet de prédilection de la peintre. Ses gestes et son visage irradient la tendresse !

7. La pointe de la Hève, Sainte Adresse, Claude Monet, 1864.


- Jeux de texture pour cette huile sur toile. La palette de l'artiste est limitée, mais que de possibles ! Les galets font mal aux pieds rien qu'à les regarder - et la mer, et le ciel. La lumière est partout. Combien de couleurs Monet utilise-t-il ici pour exprimer le monde entier ?

- J'ai zoomé sur une falaise rocheuse qui ressemble trait pour trait à un massif ancien bien de chez nous, et qui est visible de la chambre d'Antonin... Parfois, la Nature se répète là où on ne l'attend pas ... Il est toujours très émouvant de retrouver des motifs personnels dans l'universalité des œuvres d'art ! 😄

Note : Je fais court sur Monet, et vous renvoie ICI et .

8. Les parapluies, Auguste Renoir, 1886.


- Une histoire de bleu ...

- Le bleu ne fait pas de bruit, parait-il, est pourtant ... Il s'en passe , des choses, dans la rue, quand les conditions météorologiques obligent les hommes à se serrer les uns contre les autres ! Nous avons là le geste de cette mère qui enjoint ses deux filles et à se mettre à l'abri. Notez que les fillettes concernées semblent sereines et ne pas craindre les gouttes ... 😊 Nous avons le regard enfiévré de cet homme sur cette femme, qui se détourne et passe, l'air faussement indifférent, faussement paisible.

- Lorsque les contemporains de Renoir ont découvert ce tableau, ils ont sorti leurs mouchoirs pour s'en couvrir le nez d'un air dégouté. "Quoi ??? Mais ce tableau est invendâââble !". Saurez-vous découvrir pourquoi ?

- Bon, je vous donne la réponse parce que ce n'est pas facile, pour nous, pauvres gens des temps d'aujourd'hui. Renoir a peint la partie droite du tableau en premier (la mère et les fillettes, vous y êtes). Cinq ans plus tard, il s'y remet, et réalise la partie gauche (la femme du premier plan, avec son panier, et le vieux pervers gentilhomme juste derrière). Entre temps, la mode a changé. Il était absolument impossible de voir coexister, dans la rue, la toilette de la femme de droite et celle de la femme de gauche. Anachronisme ! Invendable, évidemment. 😉

- Au delà de ces chichis de chiffons, on peut observer la différence de technique : la scène de droite est noyée dans une sorte de flou - ce doit être à cause de la pluie. La partie gauche est franchement nette. On a fait le point dessus, en quelque sorte. Et pendant ce temps, la photographie, qui vient d'être inventée, commence à se démocratiser ...

9. Champs de blé avec cyprès, Vincent Van Gogh, 1889 :


- Tournis : que de mouvement, que de mouvement ! Combien repère-t-on de tourbillons dans cette œuvre ? Il y a ceux des nuages dans le ciel, ceux de la montagne, qui se replie à la cime comme un escargot, ceux des blés battus de vent et qui ne savent plus dans quel sens se coucher ...

- Les différentes couches de peinture sont volontairement laissée visibles. C'est assez émouvant de les regarder de près et de se dire : "Le pinceau de Van Gogh est passé par là !".

- J'ai essayé de présenter certains détails qui caractérise ce tableau en propre, par rapport aux autres  de la série des Cyprès : l'inclinaison de la plus haute cime, en particulier, est unique à cette œuvre.

- Il se dégage de la sélection des détails un fort contraste entre des teintes pastelles et celles, beaucoup plus sombres, des cyprès. Ces arbres sont à la fois un symbole de mort et de vie éternelle - ce sont des persistants ! Van Gogh les décrivaient comme une "tâche noire dans un paysage ensoleillé" ...


10. Surpris !, Henri Rousseau 1891.


- Zoomons sur les textures des végétaux, la pluie vibrante qui zèbre toute la scène, le ciel mouvementé et, bien sûr, la figure incroyable du fauve !

- La palette verdoyante de l'artiste ressort parfaitement de cette accumulation de détails, ainsi que sa naïveté, son exubérance et son incohérence, aussi ! Rousseau n'a jamais mis les pieds dans une jungle : il invente tout à partir de ses observations au jardin des plantes ... Ses œuvres sont une ouverture sur un monde onirique digne d'un conte pour enfant ...

- Et ce tigre : il a un visage de dragon asiatique, non ? Zou, c'est le pont qu'il nous fallait pour évoquer l'orientalisme du 19e siècle, dont Henri Rousseau est le dernier représentant.😉

Note : les cartes de nomenclature d'Henri Rousseau, aimablement partagées par Pascaline,  sont téléchargeables ICI.


Merci à celles et ceux qui ont lu ma bafouille jusqu'au bout, et bonne rentrée à tous ! 😘

J'espère que ces cartes vous plairont autant qu'à nous !

You Might Also Like

24 comments

  1. C'est tout simplement magnifique! Merci!

    ReplyDelete
  2. Je ne sais pas si j'arriverai à introduire tout cela au près de mes enfants, votre travail est vraiment très poussé...

    ReplyDelete
  3. Merci Elsa pour ce partage. C'est drôle notre livre sur l'art est réapparu la semaine dernière dans la maison. Ton jeu va nous permettre une nouvelle plongé dans l'art. Belle journée

    ReplyDelete
  4. Je suis époustouflée par ce travail,et par votre générosité de partager tout cela...❤❤❤

    ReplyDelete
  5. Merci Elsa.Tout particulièrement pour le développement qui est très intéressant

    ReplyDelete
  6. Quel travail ! Merci pour ce partage, c'est superbe.

    C'est "marrant" car j'ai fait un petit truc de ce style pendant les vacances, mais basé uniquement sur certaines œuvres de Van Gogh. En effet nous avons eut la possibilité de visiter Saint Remy de Provence et nous avons suivi les traces de l'artiste à travers 19 tableaux dispersés dans la ville.
    J'avais rapidement imprimés des détails de ces tableaux pour qu'on puisse les retrouver ensemble. Nous nous arrêtions donc devant chaque panneau et nous parcourions notre imagier à la recherche du bon détails et nous le placions sur le tableau.

    "Champs de blé avec cyprès" faisait partie du parcours. ;)

    ReplyDelete
  7. Merci beaucoup pour ce partage !!

    ReplyDelete
  8. Merci beaucoup pour votre partage !!

    ReplyDelete
  9. Merci beaucoup pour le partage!!!

    ReplyDelete
  10. Wow merci! C’est super motivant :)
    Question pratique, vous plastifiez les cartes? Ou juste imprimez sur du papier épais ?

    ReplyDelete
    Replies
    1. Bonjour Pillowlava !
      Oui, je plastifie, mais c'est facultatif. Pour une utilisation domestique seulement, le papier épais peut suffire.

      Delete
  11. ha super merci !

    ReplyDelete
  12. Merci beaucoup pour ce travail passionnant ! J'adore le caractère "ouvert" de ce matériel, que les enfants puissent se l'approprier de différentes façons. Par contre j'ai téléchargé le fichier, et les fiches des détails ont des coins arrondis avec un trait irrégulier : c'est normal ?

    ReplyDelete
    Replies
    1. Oui, les détails ont des angles arrondis (je ne sais pas pourquoi, ça m'est venu comme ça, pas forcément pertinent ...). Par contre le trait devrait être régulier ... ?

      Delete
  13. Bon, j'ai tout gagné en montrant ce jeu à mon fils. :p :D

    Reconnaissant le tableau de Van Gogh, il s'est empressé de me demander de faire les 18 autres que l'on avait vu à Saint-Remy la semaine dernière.

    Du coup, comme j'ai utilisé ton modèle de cartes et de vignettes (pour ne pas dépareiller), j'aimerai te demander ta permission avant de partager sur mon blog. ;)

    ReplyDelete
    Replies
    1. C'est oui, bien sûr ! Et je les utiliserai à mon tour avec plaisir !!

      Delete
  14. Merci beaucoup vraiment très intéressant.

    ReplyDelete
  15. Whaou! Quel travail ! Je n'y connais rien en peinture, rien de rien, ce qui ne m'empêche pas d'aller régulièrement au musée et d'admirer la plupart des tableaux.... mais tes explications sur chaque oeuvre me laissent sans voix! J'ai l'impression que tu m'ouvres une immense porte qui donne sur de merveilleuses ressources cachées !! C'était passionnant, merci!... Je ne suis pas sûre de pouvoir me l'approprier suffisamment pour le transmettre à mes enfants par contre! À voir! On va déjà essayer dans un premier temps le jeu de cherche et trouve! Merci encore pour ces partages! Marie.

    ReplyDelete
    Replies
    1. Oh, oui, c'est exactement cela : rencontrer un tableau, c'est découvrir de merveilleuses ressources cachées ! Je suis très heureuse si mon développement t'a lu !

      Delete
  16. This comment has been removed by a blog administrator.

    ReplyDelete
    Replies
    1. Oups, mille excuses, j'ai supprimé ton commentaire en voulant y répondre ... :-(
      Merci pour ton merci, et merci de prendre le temps de poster des petits mots par ici !!
      <3

      Delete
  17. Oh là la ! Quel excellent travail. Cela va m'aider pour aborder l'art avec ma 5 ans. Avec sa maitresse, tous les mois, ils étudient un peintre. Ils ont commencé avec Mondrian. Mais j'aimerai lui faire découvrir autre chose et tout ce travail va me permettre de le faire. Merci, merci, merci !

    ReplyDelete