jeudi 8 mars 2018

Calligraphie chinoise


Oui, nous sommes en retard. Nous n'avons pas trouvé 5 minutes jusqu'à ce jour pour célébrer le Nouvel an chinois, et comme il s'agit d'une fête à laquelle nous tenons beaucoup, et bien ... Nous fêtons le nouvel an lunaire en décalé. Car comme dit le proverbe : Mieux vaut des fêtes tardives que pas de fêtes du tout. 😊

Le week-end prochain, nous irons manger chinois, et vu la fréquence de nos sorties-restau en famille, c'est une fête en soi, croyez-moi ! D'ici-là, on patiente, et on se documente. 

Antonin accède depuis peu à la notion de "symbole". Notion très abstraite et hautement culturelle, n'est-ce pas. Du coup, toutes ces fêtes spirituelles revêtent pour lui une épaisseur nouvelle, et nous avons décidé cette année de créer nos propres vœux pour l'année lunaire à venir, avec des idéogrammes que chacun aurait personnellement choisi.


Mercredi au saut du lit, les enfants s'emparent du projet - ils sont encore en pyjama, je ne suis même pas sûre qu'ils aient déjeuné. La calligraphie, c'est une mise en harmonie de soi, dit-on. Mais le geste graphique est d'autant plus émancipateur que Maman a encore les yeux mi-clos et se recroqueville sur son café. Mais je suis suis là, si si, et je sens oh, combien, l'esthétique de la liberté créatrice irradier dans la lumière de l'aube. Donnez-moi juste deux secondes. 😣


Deux secondes plus tard, donc, je rejoins l'harmonie universelle, et je me prends de courage : je décroche notre tableau noir et le pose à plat pour offrir un large espace de recherche. La concentration est tout de suite tangible.


Nous cherchons les idéogrammes dans les livres dont nous disposons (cf. bibliographie à la fin de l'article), nous les sélectionnons, et nous les reproduisons ... aussi bien que possible. Je précise que je ne maitrise pas du tout le sens du tracé de chacun d'eux. Et je le dis aux enfants : au moins, s'ils n'ont pas de "modes d'emploi", sont-ils confrontés à un problème à résoudre. Nous réfléchissons ensemble : quel trait semble-t-il préférable de tracer en premier ? Faut-il procéder de haut en bas ? De droite à gauche ? Ou l'inverse ?


Nous n'avons aucune réponse à ces questions puis qu’aucun des spécialistes de la famille n'est présent. Mais deux choses sont sûres : 

1. Les enfants ne manqueront pas de leur demander la prochaine fois que nous nous verrons.
2. Nous "faisons" du graphisme. Ah, ben, ça : oui ! 😄


La phase d'exploration dure plus d'une heure. Après quoi, les enfants décident d'aller s'habiller. 😊


En fin de matinée, les choses ont mûri : chaque enfant a choisi un idéogramme personnel. Son symbole. Celui qu'il fixera à sa porte, qui le caractérise en quelque sorte, et qui lui apportera bonheur, santé, succès, ou tout ce qu'on voudra y mettre.

Symbole, définition : être, objet ou fait perceptible, identifiable, qui, par sa forme ou sa nature,
évoque spontanément quelque chose d'abstrait ou d'absent.

Nous décidons de travailler sur un carré de papier jaune. Nous aurions préféré du rouge, mais où donc est passé notre papier de couleur rouge dans ce marasme qu'est devenu la maison depuis quelques mois ? 😶


Faut-il tracer au préalable l'idéogramme au crayon à papier, pour repasser ensuite le trait à l'encre ?

D'un point de vue pédagogique, je dirai non. Tracer une esquisse au crayon à papier est contraire à l'Art.  Quand un enfant "repasse sur" un trait, il perd la liberté du geste, par essence délié, sans contrainte physiologique. En suivant un tracé donné, l'enfant perd son objectif de vue (la forme finale) et se concentre sur ce qui vient aussitôt après : un quart de centimètre de trait tout droit ou légèrement courbe, juste là ... Tracer une esquisse au crayon à papier entrave le geste libre et génère une sacrée tremblote. En plus, il est difficile de gommer le crayon à papier, qui reste visible quand l'encre sèche.

Mais aujourd'hui, mes enfants réclament de tracer un brouillon. Une esquisse permet, aussi, d'épanouir un premier tracé dans l'espace - et ne pas se retrouver avec un tout petit motif coincé dans un coin. Une esquisse rassure. Néanmoins, j'insiste toujours auprès des enfants sur le fait qu'ils ne sont pas obligés de suivre leur brouillon avec leur pinceau. S'échapper de son propre trait est plus facile pour certains que pour d'autres, mais je me console en me disant qu'au pire du pire, c'est leur propre tracé qu'ils suivent, et non celui de l'adulte. Quelque chose qu'ils ont déjà dans les doigts.

Le mieux est bien sûr de proposer beaucoup de papier, afin que l'enfant puisse tâtonner : on a le droit de "rater", et de recommencer !

Une fois l'esquisse légèrement tracée (ou pas), on peint l'idéogramme à l'encre ... de ChineOf course.

Ce carré de papier est ensuite collé sur un fond noir. J'offre à chacun des enfants une pièce de 50 centimes - j'aurai voulu les laisser choisir dans notre réserve de pièces étrangères, mais où donc est passé notre collection de pièces dans ce marasme qu'est devenu la maison depuis quelques mois ??

La pièce est collée sur un angle du travail. L’œuvre est ensuite accrochée à la porte de chaque chambre ... Elle y restera jusqu'à l'année prochaine ! 😊


Bibliographie :

Pêle-mêle, voici les œuvres que le hasard mis sur notre route - soit que nous les ayons empruntées à la bibliothèque, soit que nous les possédions déjà : 

Documentaires : 

 - La Chine et les chinois : Le plus complet que nous ayons eu entre les mains. Un gros livre qui réussit à s'adapter aux centres d'intérêt de chacun. Grands et petits (à condition qu'on les accompagne, au début), y trouveront leur compte. Il peut même compléter efficacement certains guides touristiques !
- La Chine impériale : la quatrième de couverture mentionne "A partir de 9 ans". C'est pourtant un des livres préférés d'Antonin, 7 ans. Les textes sont exigeants, mais les gros titres lui permettent de bien se repérer (cela fait un peu manuel scolaire, certes. Ce serait un très bon manuel scolaire !). Les illustrations sont d'excellente qualité, de grande tailles, et de natures variées (graphiques, cartes, photos, schéma, dessins ...). Chaque double page aborde un aspect de la culture chinoise impériale, le tout est vraiment très didactique et exhaustif. Le livre comprend un DVD, mais je ne peux rien vous en dire, vous ne l'avons pas regardé.
- Chine, Pour en savoir plus que les grands : le livre s'adresse aux ados et aux pré-ados qui connaissent déjà (un peu) le sujet. Sans quoi, l'écrit risquerait de paraitre disparate, éclaté. Mais : les variétés des illustrations, petites mais bien choisies, et la mise en scène "BD" (avec phylactères !) a beaucoup plu à mes enfants. 
- L'Art de la Chine : dégoté au rayon "Jeunesse", il fut pour moi un pur régal ... Qui laissa néanmoins mes enfants relativement froids. De fait, bien qu'il soit édité par Palette, le champion des livres d'art pour enfants, je le trouve plutôt peu adapté aux jeunes lecteurs, que ce soit dans les thèmes abordés ou la rédaction des textes. Cela reste néanmoins un très bel album à petit prix, bourré de reproductions somptueuses et de textes éclairants, à offrir sans hésiter ... aux plus grands !

Fiction :

- Le génie du pousse-pousse : C'est un chef d’œuvre, dont l'histoire et le rythme sont encore un peu difficiles à appréhender pour mes enfants - mais avec un peu d'étayage, la lecture de cet album est un vrai bonheur partagé. Et que dire des illustrations ! L'esprit de la Chine, son raffinement et sa philosophie, sont là, tout entiers. Mais c'est pour d'autre raisons que ce livre fut très sollicité aujourd'hui : il propose en page de garde un lexique des idéogrammes chinois présents dans l'album ! Un vrai petit dico, dans lequel les enfants ont aimé puiser plus qu'à toute autre source ...

À bientôt, et puissiez-vous irradier d'Harmonie vitale ! 💓


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