Mon enfant ne sait pas jouer tout seul !

March 29, 2021


Plusieurs des mails reçus ces derniers mois portaient sur une même question, et plutôt que de répondre à chacun individuellement, je propose  une analyse collective, en espérant que cela parle à d'autres familles et ouvre le dialogue ! 😊

Je reçois : 

"Notre fille unique de 7 ans a toujours été "pot de colle". J'ai certainement aggravé le problème en jouant beaucoup avec elle - c'est ma seule enfant ! Mais elle n'arrive pas à s'occuper seule et je suis sans cesse sollicitée. Cela me pèse, mais j'ai l'impression qu'il y a pire depuis quelques semaines : elle commence à devenir plus autoritaire, voire irrespectueuse envers mon mari et moi. Je me demande si ce n'est pas parce que nous faisons toujours ce qu'elle veut ?"
 
"J'ai toujours beaucoup jouer avec mon enfant. Pour moi le temps passé avec mon fils (aujourd'hui 5 ans) est sacré (je travaille à temps plein) et j'organise nos moments à deux pour qu'il soient les plus heureux possible. Mais je suis en plein burn out : mon fils s'est habitué à être diverti par sa Maman, il hurle quand je lui demande de jouer un peu tout seul à côté de moi en me disant qu'il ne sait pas faire. Il ne supporte pas de faire une activité (dessiner ...) sans que je la partage avec lui. "

"'En ce moment, j'ai de grosses difficultés avec mon aînée de 4 ans. Elle ne nous lâche pas deux secondes. Elle ne veut pas comprendre quand on lui dit qu'elle doit jouer seule un moment parce qu'on est occupé. Quand je dois préparer le diner, m'occuper de sa petite sœur de 7 mois ..., elle se met à pleurer en hurlant. J'ai toujours beaucoup joué avec elle, mais là je n'ai même plus envie tellement elle m'épuise d'être aussi exigeante avec nous, aussi impolie aussi ..."
 
"Il n'arrête pas, toute la journée, de nous demander : "Qu'est-ce qu'on pourrait faire, Maman ? ", "Je m'ennuie", "Papa, je ne sais pas quoi faire ..."  Les blogs éducatifs disent que l'ennui est génial pour booster la créativité des enfants, mais je n'en peux plus ! Et je ne vois pas sa créativité boostée ! Il n'arrête jamais de nous solliciter, même après une grande partie de foot ou une randonnée. Je ne peux plus rien faire pour moi."

 

Examinons la situation.

 
D'abord, stop la culpabilité !! Non, être "pot de colle" n'est pas un "problème", et encore moins un problème aggravé par l'attention que l'on accorde à un enfant. La culpabilité est souvent le premier sentiment, le plus spontané peut-être (en particulier chez les mères !) quand nous constatons un écart entre ce qu'est notre vie de famille et ce que nous voudrions qu'elle soit ...
 
Plutôt que de nous faire des reproches, regardons le bon aspect dans cette situation. Tous ces témoignages révèlent une relation parents-enfants de grande qualité et un fort attachement réciproque. Comme c'est précieux ! Prenez le temps de vous féliciter d'avoir construit cela ! ❤

Après ce petit baume au cœur, considérons la situation objectivement : que l'enfant soit en demande permanente n'est pas en soit un défaut. Certes, cela rend notre vie d'adulte impossible, mais nous y reviendrons. Considérons d'abord les choses uniquement du point de vue l'enfant, sans dramatiser. Sans doute s'agit-il d'un enfant à l'intelligence inter-personnelle développée : il n'aime pas être seul, et peut-être ce trait de caractère perdurera-t-il toute sa vie. On connaît tous des adultes qui passent leur temps libre à visiter leurs amis, ne travaillent efficacement qu'en équipe et ne sont sereins qu'en société ! Ils ne sont pas moins heureux que les autres, au contraire ! Ce sont généralement des personnes empathiques et attachantes, et elles sont entourées d'amis authentiques !
 
Est-ce à dire qu'il ne faut rien changer, et que développer l'autonomie de l'enfant lui serait préjudiciable ? Non, bien sûr. Les parents donnent à leurs enfants des racines et des ailes. Les racines, dans les familles qui m'écrivent aujourd'hui, sont puissantes. Il s'agit à présent de muscler les ailes. Un enfant n'a pas besoin d'aimer la solitude - on vit aisément sans cela - mais il a besoin d'apprendre l'introspection pour connaitre ses sentiments, ses forces et ses limites. Il a besoin de développer des rêves qui lui sont propres, des projets et des objectifs. Il a besoin de s'auto-évaluer, de s'auto-discipliner - bref, autant de compétences développées par l'intelligence intra-personnelle. Les racines poussent au contact des autres, mais les ailes ne se développent que dans la solitude. Le premier pas pour s'envoler (si je puis dire ...), c'est donc d'apprendre à être un peu seul ! 😊
 
Apprendre la solitude est, dans la vie humaine, un passage absolument obligé. Ce sont certes les autres qui assurent la survie de l'enfant (et c'est ce qu'il vérifie en sollicitant ses parents !), mais il ne dépend pas d'eux pour exister : il a une existence propre, même si cette idée a des aspects effrayants. Pour apprivoiser cette perspective, on a tous besoin d'une bulle, d'un petit univers personnel ... et ça, ça se construit !


Pourquoi l'enfant est-il ainsi ?

 
En toute honnêteté, je n'est jamais été fan des "pourquoi" en psychologie. Je crois que personne ne sait jamais "pourquoi" en psychologie, et on ne pourra jamais prendre deux fois le même enfant pour l'exposer à deux vies différentes - histoire de voir s'il se développe différemment. On peut passer toute une vie à éplucher le "pourquoi" sans avancer d'un pouce. Et puis, il y a pire que le "pourquoi" : il y a le "parce que". Parce qu'il est trop gâté. Parce que c'est de la faute de sa mère (ha. ha.). Parce qu'on est tous comme ça dans la famille... Rien de plus castrateur qu'un "parce que" !!

Bref, je passe vite sur cet aspect de la question, car je m'en fiche ! 😄
 
Je rappelle simplement que l'enfance est balisée d'étapes délicates. La personnalité est en construction, c'est un vaste chantier permanent, et le processus d'individuation, s'il est sublime, rend aussi fragile. Comment s'étonner qu'un enfant qui a peur de traverser le couloir tout noir, ou peur des bruits dans la maison, ait peur d'être seul ? 
 
Il n'y a cependant aucune raison, a priori, qu'un enfant ne puisse s'occuper seul : il a en lui, en tant que petit d'homme, les principes de son autonomie. S'il ne parvient pas à la développer, c'est que quelque chose l'en empêche. Peu importe quoi, nous ne le saurons sans doute jamais, et nous pouvons lui faire confiance pour dépasser, un jour, ce "blocage". Disons simplement, en attendant, que l'enfant qui s'accroche sans relâche à son parent, interroge sa relation et se rassure.

Vous me voyez venir avec mes gros sabots, car cela signifie en clair ... que votre enfant a besoin de vous de vous pour apprendre à jouer seul ! 😵

Lui refuser du jour au lendemain votre soutien risque de ne pas fonctionner ... du tout. Oui, je sais, c'est dur à entendre quand on est épuisé ! 😕 Mais il me semble que pousser l'enfant, frontalement, à plus d'indépendance, alors que cette idée le paralyse, risque de détériorer la relation - peut-être provoquer les réactions de révolte et d'insoumission évoqués dans les témoignages, qui viennent souvent d'un sentiment d'insécurité.
 

Et le parent, alors ?


"Comment continuer à répondre au besoin de connexion émotionnelle de mon enfant quand mon réservoir à moi est vide ? Comment le laisser dépendre de moi quand il en a besoin, alors que je ne peux plus rien donner ?"

Ce qui est commun dans tous les témoignages reçus, c'est l'épuisement parental. Comme je l'entends, cet épuisement, et comme il me touche ! J'aimerai avoir une baguette magique, ou pouvoir vous dire, comme le font les magasines féminin : faites-vous un bon thé, une p'tite séance de yoga, prenez du temps pour vous, et tout ira mieux. Encore faut-il le pouvoir, et dans le cas présent, avec un enfant en perpétuelle demande, c'est impossible. Mais surtout : l'épuisement parental est un processus profond, structurel, fonctionnel, et il ne se résout pas en prenant un bain moussant !
 
Peut-être qu'en accédant à tous les désirs de l'enfant, nous les laissons être le centre du foyer. C'est une expérience effrayante pour un enfant, car c'est une lourde responsabilité, et surtout : c'est un mensonge. Le centre du foyer, sa base si on peut dire, c'est le couple. C'est parce qu'il y a le couple qu'il y a l'enfant (même dans une famille monoparentale !). Une famille est une sorte d'écosystème : ses fonctions sont saines si chacun sait exactement qui fait quoi pour qui. Dans la situation d'un enfant "envahissant", les frontières sont floutées : plus personne ne jouit de son espace géographique intime - pas même lui-même ...
 
Il est impossible de donner des conseils sur cette base : chaque famille, comme chacun des êtres qui a composent, est unique. C'est au couple qu'il revient de produire sa propre solution pour s'extraire du schéma éreintant dans lequel il est plongé.
 
(Pourquoi pas un petit bain moussant ? O.K., O.K, on enchaine ... 😁) 
 
 

Que faire ?


Chouette c'est la partie que je préfère ... et celle que vous attendez tous, oui. Désolée d'être si bavarde. 😄

Par contre, ne soyez pas déçus : je vous ai bien dit que je n'avais pas de baguette magique ... Tout ce que je peux faire, c'est aligner ici les idées qui me viennent, et les outils que j'ai testé. Il ne peut qu'ils vous conviennent ou pas du tout. J'invite vraiment tous les parents qui liront cet article à mettre leur grain de sel en commentaire s'ils ont expérimenté des techniques efficaces !!

Jouer ensemble 15-20 minutes, c'est sain, c'est souhaitable et cela fait du bien à tout le monde ! Cela remplit le réservoir émotionnel de l'enfant, mais si cela dure au détriment de vos propres activités, c'est vous qui vous "videz". On sent dans tous les témoignages que les parents ont à cœur de "remplir le seau" en passant du temps privilégié avec l'enfant. C'est la transition qui semble mal se passer : "Je passe du temps avec toi, jusqu'au moment où je ne peux plus, je dois préparer le dîner maintenant." Et là, c'est le drame.

Je propose donc que nous nous focalisions sur cette délicate transition. Que pourrait-on faire pour la rendre possible ?

1. Parlez clairement à votre enfant de ce projet : Parlez-en famille, le Papa doit être présent ! Faites de cette conversation un moment agréable, en expliquant clairement tous les bénéfices que les humains tirent de la solitude et de l'autonomie.

2. Commencez graduellement : Avertissez votre enfant à l'avance que vous le laisserez seul quelques minutes pour accomplir une tâche précise et circonscrite : "Dans 10 minutes, j'irai vider le lave-vaisselle, et puis je reviendrai." Restez dans son champ visuel, et veillez à faire exactement ce que vous avez dit : même si l'enfant joue tranquillement, revenez vers lui après avoir achevé votre tâche. Petit à petit, annoncez des tâches plus longues, ou un enchainement de tâches. Évitez de vous éclipser discrètement lorsque l'attention de l'enfant est attirée ailleurs, cela risquerait de l'alarmer et d'accroitre son besoin d'attention.
 
3. Ne renoncez pas à vos connexions : Les connexions, ces "parenthèses de temps spécial" accordé à l'enfant, pendant lesquelles il a toute votre attention et qu'il peut utiliser pour jouer comme il veut ... Vous connaissez, c'est votre spécialité ! 😄 Ne jetez pas le bébé avec l'eau du bain : votre enfant a plus que jamais besoin de votre attention chaleureuse si vous êtes tous déterminés à ce qu'il apprenne à jouer seul. Insister seulement sur les limites de ce temps spécial : une reconnexion n'en est une que parce qu'elle a un début et une fin. Annoncer clairement le timing : "La grande aiguille est sur le 12, lorsqu'elle sera sur le 6, ce sera fini.". Je vous renvoie à mon article détaillé sur le sujet ICI.

Le problème, nous l'avons cerné, c'est la transition : à la fin de ce "temps spécial", l'enfant va supplier qu'il se poursuive, et enchainer sur une crise de colère. C'est compréhensible et acceptable. "Je sais que tu veux que je joue avec toi. J'aime jouer avec toi aussi. Je ne peux pas jouer avec toi pour l'instant, mais nous rejouerons ensemble plus tard." Je suis partisane d'accompagner la "crise" tant qu'elle dure - oui, je sais, c'est chronophage ... Mais au moins, tant que vous tenez votre enfant en larmes dans vos bras, vous ne jouez pas, ouf ! (Ok, c'est une mauvaise blague ... 😐). Une fois l'émotion "vidée", restez ferme sur vos positions, et partez faire ce que vous avez à faire. L'enfant ne le vivra sans doute pas "bien" dans un premier temps, mais ses besoins émotionnels auront été pris en compte, et votre fermeté le "contient", le rassure,  même s'il fait la tête, si, si !
 
4. Matérialisez cette transition avec un code partagé : "Je porte ce bracelet au poignet, et lorsque je devrais aller faire à manger, je te le donnerai. Ainsi tu saura que c'est fini, jusqu'à la prochaine occasion que nous aurons. Tu pourras alors me le donner, et tout recommencera !". Ce peut-être une technique pour aider l'enfant à visualiser que les bons moments partagés qu'il affectionne tant, reviendront, bien sûr !
 
5. Proposez des choix : "Je vais faire à manger, et toi, que fais-tu ? Veux-tu t'asseoir à côté de moi pour dessiner ? Ou jouer avec ce jouet ? Ou écouter de la musique ?"
 
6. Impliquez l'enfant dans vos tâches quotidiennes : "J'aimerai vraiment jouer avec toi, mais je dois plier le linge. Veux-tu plier le linge avec moi ? Lorsque ce sera fait nous pourrons faire cette partie dont tu as envie." Bon, au moins, s'il refuse, il saura que c'est son choix si vous ne passez pas le prochain quart d'heure avec lui.
 
7. Instaurez des activités parallèles : Je pense à cela, parce qu'en classe on constate souvent le phénomène suivant : les jeunes enfants, qui ne savent pas encore jouer ensemble, commencent par jouer en parallèle - par exemple chacun avec une pile de cubes, côte à côte, mais chacun dans son jeu hermétique. Ce n'est que dans un second temps, au bout de plusieurs semaines, qu'ils acceptent de partager le même matériel autour d'un jeu commun. Peut-être ce processus est-il inversable ? Pour s'extraire du jouer "avec", on peut essayer de commencer par jouer "à côté". Pas ensemble vraiment, mais dans une proximité et un mimétisme rassurant. Peu à peu, délaissez les cubes pour votre bouquin, votre tricot ou votre courrier tout en restant à proximité. Cela peut peut-être marcher ?
 
8. Organisez des jeux défouloirs : Ils libèrent les tensions et musclent la capacité à affronter les difficultés. Ce sont les batailles de polochon, des combats d'épée avec des rouleau d'essuie-tout ou des frites de natation, des jeux de lutte (Qui parviendra à ôter les chaussettes de l'autre en premier ?). Ces scénarios d'affrontement symboliques sont cathartiques !  Jouons ensemble autrement est une réflexion de fond sur ce chapitre (et plus encore !) que je vous conseille vivement !

9. Utilisez un timer : c'est en général un bon outil pour favoriser l'autonomie : "Tu es cap' de jouer tout seul 5 minutes ? Regarde, je met le minuteur : quand il sonne, tu peux venir me voir pour me raconter ce que tu as fait pendant ce temps."

10. Instaurez une rotation des jouets : Si l'enfant ne les a pas vu pendant quelques semaines, ils parviendront peut-être à susciter son attention quelques minutes ?
 
Quelques "jeux" qui se pratiquent bien seuls :

- Aaaah, les vertus du casque audio (adapté aux oreilles des petits) : c'est un matériel magique, qui leur permet d'écouter leurs histoires ou leur musique "dans leur bulle", sans que vous en soyez gêné, tout en étant proche physiquement.
 
- La lecture ! Bandes dessinées (il en existe même sans texte, pour les non-lecteurs !) ou romans palpitants (des Cabane magique aux Harry Potter, il y a des best sellers pour tous les âges et tous les goûts !).
 
- Mais aussi : la pâte à modeler, le coloriage, les perles à repasser, les puzzles et certains jeux de société type "Smart games" ...

11. Invitez des copains : Le jeu autorégulé n'est pas inné, il s'acquiert par imitation et interaction. Mais vous n'êtes pas le seul repère possible ! En jouant avec ses pairs, l'enfant nourrit son imagination : les petits amis ont toujours des références que l'on ne connaissait pas, des jeux auxquels on n'avait pas pensé ... En jouant avec d'autres enfants, votre petit développe sa patience et construit ses contours psychiques ("Je suis comme lui sur ce point, mais différent sur tel autre ..."). Autant de compétences dont il aura besoin pour se suffire à lui-même quand vous ne serez pas disponible.


Le mot de la fin : encouragez toutes les petites "prises de risque" de votre enfant, ses moindres velléités d'indépendance : observez le à distance, et s'il réussit son puzzle par exemple, dites une phrase pour signifier que vous l'avez remarqué. Ces enfants, comme tous les enfants bien sûr, ont besoin d'être observés, "contenus" dans la confiance parentale pour construire les limites d'eux-mêmes.
 

Je ne sais pas si cela vous parle et si j'ai aidé ?
 
Bon courage, et surtout, revenez me raconter la suite des évènements !  On continue de chercher ensemble !! 💪

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13 comments

  1. Passionnant! J'ai peu le problème ici avec ma tribu rapprochée, mais je remarque qu'effectivement le dernier a du mal à être seul, plongé qu'il est depuis ses 3 jours de vie dans un bain partagé. Comme il aime beaucoup lire c'est un lieu où il a appris à être seul, et c'est peut être une piste pour les enfants lecteurs. "Tu lis x chapitres ou je te lis un chapitre et tu continues seul, tu lis jusqu'au bip du timer... Au final c'est une activité silencieuse donc appréciable pour nos oreilles de parent fatigué! (et pour susciter l'intérêt une virée à la bibliothèque est utile ;-D
    Bon courage aux parents en tout cas car je sens beaucoup de souffrance dans les messages que tu partages...

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    1. Lecture + timer ... Un cocktail efficace s'il est est !! <3

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  2. Merci! Ici, avec un petit de 3 ans, l option "vie pratique" où l'enfant "aide" marche très bien. On fait en mm temps que maman:
    Étendre le linge des poupées sur un portant dédié, mettre le couvert avec la dinette, préparer un gâteau avec les jouets.
    J ai remarqué qu'un enfant qu on trouve collant est souvent un signe de fatigue, et que souvent, ils sont assez indépendants après une bonne nuit. Mais c est peut-être particulier je ne sais pas?

    Merci merci pour cette approche si agréable à lire 🙏

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    1. De rien, merci pour ton commentaire ! <3

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  3. Que cet article me parle.
    Je vois bien que mes 3 enfants veulent chacun que je passe du temps exclusifs avec eux (de préférence en même temps)

    Depuis que je peux passer un temps exclusif avec les 2 grands (7 et 3 ans), ils jouent ensemble plus souvent me permettant de garder du temps pour le plus petit (8 mois) et même parfois pour moi.

    On a aussi discuté mon mari et moi, parce qu'il ne se rendait pas compte que j'étais noyée.

    Alors on aura encore des moments difficiles, mais maintenant on sait que c'est possible

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  4. Merci pour cet article très inspirant !

    J'avais retenu, lors d'une formation Waldorf, qu'un geste très simple de connexion à son enfant lui permettait de se rassurer tout en nous permettant de continuer nos activités : il s'agissait de serrer 3 fois la main de son enfant en disant "I love you" (la formation était en anglais).
    J'ai mis cela en place avec mon loulou.
    Bon ça donne "Je t'ai-me" et la dernière syllabe évoque quelque peu le beuglement de la vache, mais c'est assez efficace comme reconnexion rapide ;)

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  5. SachanonorMarch 31, 2021

    Cet article m’apporte bcp! Merci pour ces éclairages et pistes pour mon grand de 9 ans 👍

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  6. Super article! J’avais déjà fait une réflexion qui m’avait amenée à certaines de vos « conclusions » mais je sentais bien que ce n’était pas suffisant, j’ai de nouvelles idées à explorer, merci!

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  7. Ce qui peut aider c est d être parfois le «parent en demande», quand l enfant n est pas vraiment occupé mais pas non plus en train de solliciter. Tout à coup par surprise Maman (ou Papa) à vrmt super envie de jouer avec moi, quel boost de confiance ! Et si c est pour jouer au loup c est encore mieux ( le loup = je t'aime tellement que je veux t attraper pour te dévorer, te prendre en moi).

    Sinon à la mer, ils jouent tout seuls non ? 😁😁 ma fille joue à ne pas se faire attraper par les vagues. Mais bizarrement je n ai pas de repas à préparer quand on est sur la plage.

    Dernier petit conseil, que j applique tout le temps : sortir ! Sans téléphone de préférence (ou bien au fond du sac) et on devient tout à coup plus disponible vu que le tas de linge à ranger n est plus sous les yeux fatigués.

    Merci Elsa pour ce ton toujours si approprié 😊

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  8. Intéressant ! J’ajouterais un point, qui contribue à remplir le seau affectif des enfants : leur permettre de socialiser en dehors de l’école, des invitations faites par les parents et des activités extra-scolaires. Je parle des copains de rue ou de parc, que les enfants se font seuls et qu’ils gèrent de façon autonome.
    Pour les plus jeunes, un adulte devra être présent, évidemment, mais seulement pour assurer la sécurité et non pour interagir dans les relations des enfants.
    Nous avons une famille xxl, avec des enfants très rapprochés, qui jouent beaucoup entre eux, mais les copains de rue leur apportent énormément. C’est leur jardin secret. Et j’ai toujours fait l’effort de les sortir tous les jours, alors que nous avons un jardin, pour qu’ils soient au contact d’enfants extérieurs (avec leurs masques ;-)).
    C’est très bien, et nécessaire, qu’un enfant puisse jouer seul, mais il faut garder en tête que les enfants ont besoin de liens sociaux. Enfants, nous jouions régulièrement dans notre rue avec les enfants des maisons voisines. Ce sont parmi les meilleurs souvenirs de mon enfance. Un enfant unique de notre rue (et qui était à notre école), n’avait jamais le droit de sortir et son portail était toujours fermé. Il nous regardait jouer, faire du vélo, du patin à roulettes. Je ne sais pas quels souvenirs de son enfance il a.

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  9. Merci pour cet article, qui fourmille de bons conseils.
    Et surtout, merci pour les articles précédents qui ont fini par me faire craquer il y a trois semaines pour un lot de plateaux assortis.
    Après une (douzième) réorganisation du salon, mes enfants ont maintenant à disposition une douzaine de plateaux (certains pour les deux, d'autres pour un seul, et un à utiliser uniquement avec papa ou maman).
    J'en ai profité pour enlever une partie des jeux du salon et organiser un roulement à peu près hebdomadaire des plateaux.

    Étonnement, c'est mon fils de 4 ans, qui jusque-là était le plus collant, qui a le mieux accroché au principe des plateaux. Et il arrive à s'occuper tout seul !

    Maintenant, on a souvent des temps d'activité avec chaque enfant sur un plateau et papa ou maman à table avec eux en train de faire autre chose. (ou la même chose !)

    Je pense que ce qui a fonctionné chez nous, c'est également la réorganisation de l'espace : avant les enfants avaient une longue table basse où ils pouvaient prendre place tous les deux. Maintenant, il y a une petite table, si un seul veut travailler ou jouer seul, mais où ils peuvent se mettre à deux pour certaines activités. Et du coup, ils viennent plus sur la grande table familiale. Comme ça, ils sont juste à côté, se sentent entourés, et on peut répondre à leurs sollicitations sans trop interrompre nos propres activités.

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