Les grandes Grandes Vacances

March 22, 2020

"En période de paix, il ne faut pas oublier les troubles."
Proverbe japonais.
 


Vous souvenez-vous quand nous lisions Harry Potter ? Nous avions étayé notre lecture de tout un tas de petites activités, et nous y avions pris tant de plaisir que nous nous étions dit que nous recommencerions !

À la maison, nous prenons grand plaisir à la lecture offerte. Certains d'entre vous s'en sont étonné - à quoi cela sert-il de faire la lecture à des enfants qui lisent très bien tout seuls ? 😊 Un jour, peut-être, aurai-je le temps de consacrer un article aux multiples bienfaits de la lecture partagée à tout âge, mais pour l'instant, je me contenterai de dire que si nous la pratiquons, c'est que NOUS ADORONS CELA ! Mes enfants raffolent de ces moments, et je ne suis pas en reste. Si je suis énervée ou fatiguée, je sais que quelques minutes de lecture offerte à mes enfants va me remettre d'aplomb. Bien calée entre leurs deux petits corps qui se blottissent et se penchent, attentifs, au-dessus du livre ouvert sur mes genoux, je suis à ma juste place dans ce monde ! Je ressors toujours régénérée d'une bonne lecture partagée !

Pour moi, n'importe quel livre peut être offert à haute voix du moment qu'on a envie de le partager. Mais il existe deux types de livres, il est vrai, qui se prêtent particulièrement bien à la lecture en famille : 

1. Ceux qui sont trop complexes pour être lus par l'enfant en autonomie, bien qu'il soit tout à fait en mesure de l'apprécier dès maintenant si nous le lisons pour lui. Peter pan, que nous venons de finir, entre dans cette catégorie.

2. Ceux qui pourraient très bien être lus en autonomie, mais qui, aux yeux de l'adulte, nécessitent un accompagnement. Quand je ne suis pas bien sûre de la manière dont le contenu peut être perçu, je préfère être présente. C'est le cas du roman Les grandes Grandes Vacances. La lecture en est très aisée pour peu que la longueur de l'ouvrage (4 tomes) n'effraie pas le jeune lecteur. Mais je ressentais le besoin d'accompagner mes enfants dans l'histoire - dans l'Histoire ! - dure, comme de bien entendu, puisqu'il s'agit de revivre un chapitre douloureux de notre passé. Et puis, nous faisions d'une pierre, deux coups : avec ce roman, nous avons achevé notre long voyage dans l'histoire de France commencé en 2016... Quelle agréable manière de clore notre exploration ! ❤

I. La ligne Maginot



"Papilou éteignit la radio et se leva.

- La guerre est déclarée ! lâcha-t-il, à la fois triste et solennel.

Les trois adultes se figèrent. Sous le choc, Mamili laissa tomber la pelle à tarte par terre. Les enfants dévisageaient les grandes personnes tour à tour sans comprendre réellement ce que cette information impliquait pour eux. Papilou se rassit dans un silence pesant, que Robert se décida à rompre.

- Bah ! On a la ligne Maginot ce coup-ci, les Allemands ne pourront pas passer."

(T. 1, "Une drôle de guerre" , chap. 3.)



Nous aimons beaucoup nous servir de notre tableau noir pour faire nos affiches. Lorsqu'on s'aperçoit qu'on ne le regarde plus, il suffit de tout effacer. Voici un espace vierge, qui ne demande qu'à être décoré à nouveau, et je n'ai pas à m'encombrer d'un grand rouleau de papier usagé dont je ne sais jamais que faire !


La "ligne" a fasciné les enfants.  Existe-t-elle toujours ? Peut-on la visiter ? À quoi ressemble-t-elle exactement ? Une petite recherche Internet nous permet de sélectionner quelques photos, que nous imprimons. Au passage, nous découvrons que la construction de la ligne Maginot a coûté horriblement cher et que la fierté qu'elle inspirait aux Français avant le conflit n'a eu d'égale que son inefficacité. En mai 1940, l'armée allemande évite simplement l'axe principal, et perce sans difficulté des zones faiblement fortifiées ... Nous décidons de tracer une petite carte afin de mieux visualiser tout cela.


Antonin décide ensuite de concocter des mots croisés pour son papa sur le thème de la Seconde Guerre mondiale. Il commence à travailler sur le tableau lui-même avant de s'apercevoir qu'il va falloir faire un brouillon.


Voici son travail mis au propre. Je serai curieuse de savoir si vous parvenez à le réaliser ? 😉


Bon, mon homme a avalé ce petit jeu en deux secondes, mais notre Damoiseau était néanmoins très fier de son défi. Et quelle meilleure manière de construire une "leçon" ? 😉


Dès la fin du confinement, nous irons visiter le fort de Sainte-Agnès, à Saint-Just-de-Claix ... Nous sommes ici sur le front italien, mais comme quoi : on a (presque) tous un petit bout de ligne Maginot chez soi ! 😊

II. Bâton gravé et Crusoë



"Robert récupéra dans la voiture un bâton qu'il donna à son fils.

- Tiens, bonhomme, j'ai fait ça pour toi !

Ernest regarda l'objet avec admiration.

- T'as même gravé mon prénom dessus ! s'exclama-t-il.

- Oui, et voici de la lecture ! répondit Robert en lui tendant un livre.

- Robinson Crusoé ! Merci p'pa !

- Je compte sur toi pour faire la lecture à Colette ! Et surtout, veille bien sur elle ! 

Il les serra de nouveau dans ses bras et alla s'asseoir au volant de la traction.

- A très bientôt ! lança-t-il."

(T. 1, "Une drôle de guerre" , chap. 4.)


Le jeune Ernest lit Robinson Crusoé, et ce livre va le marquer profondément et l'accompagner tout au long du conflit. Les enfants du roman prennent d'ailleurs "Les Robinson" comme nom de code et c'est sous ce pseudonyme qu'ils exécutent les actes de résistance à leur mesure dont ils sont si fiers.


Que nous dit donc cette histoire, pour qu'elle nous touche toujours si profondément, en tant qu'êtres humains, depuis le début du XVIIIe siècle ?? Ça n'a pas manqué : les enfants ont été transportés par cette aventure incroyable ... Je vous conseille vivement l'adaptation de Magnard Jeunesse. Le texte intégral est remanié, certes, mais avec finesse, dans une syntaxe et un lexique exigeants qui donnent à l'enfant un avant-goût de la beauté du roman original. Les illustrations, très réalistes, sont marquantes ! Attention, certaines sont assez violentes - et il faudra déconstruire le mythe du "sauvage cannibale" à la page 43, tout un programme ! 😊


Le Papa du roman Les grandes Grandes vacances sait-il qu'il ne reverra pas ses enfants avant quatre ans, et qu'ils auront, alors, bien changé ? Peut-être. Est-ce pour cette raison, et pour leur servir d'appui dans la tourmente, qu'en sus du livre Robinson Crusoëil leur offre un bâton ?


Mes enfants adorent les bâtons - rien d'original, je me doute. 😊 Si Antonin en trouve un beau en promenade et que sa sœur reste bredouille (ou l'inverse), ça fait des histoires pas possibles ! 😅

L'idée de fabriquer chacun le sien m'a donc semblé excellente, et je savais que les enfants adhéreraient ... to the moon and back !!
Entrainement "au brouillon" ...

Nous suivons au pas à pas ce tutoriel-là - j'en parle au présent, car les bâtons sont loin d'être terminés, et je pense que leur décoration va nous occuper toute la durée du confinement. Il ne devrait plus rester beaucoup de "blancs" à la fin ! Dès que nous pourrons sortir, ma première virée sera pour un magasin de bricolage : je cherche des embouts en métal ou en plastique solide pour protéger leur extrémité, j'ai hâte de fureter dans les rayons pour dénicher mon bonheur ! 😊

... puis "au propre" !

Le pyrograveur a été emprunté à la ludothèque. Quel instrument merveilleux,  qui permet aussi bien de réaliser des dessins précis ou des frises de motifs géométriques .. ❤


J'aide un peu pour le tracé de départ, que les enfants remplissent ensuite tout seuls. Antonin a choisi de représenter un dragon, et Louiselle a exploité la forme de son bâton pour figurer une tête de licorne. Pour le reste, la Damoiselle souhaite garnir la tige d'une myriade de papillons,  travail en cours ! ❤


III. Un dictionnaire français/allemand



"Vestanden ? s'écria-t-il."

(T. 2 "Pris dans la tourmente", chap. 7.)



Les Allemands occupent le Nord de la France, et c'est une évidence : on ne se comprend pas bien. Surtout au début. Entre nous, il y a beaucoup de rancune, de suspicion et de peur. La langue, loin d'être le pont qu'elle devrait, fait barrière ...

Loin de moi l'idée d'initier mes enfants à l'Allemand que je ne parle pas. Je l'ai étudié pendant 3 ans au lycée, mais cela ne compte pas, au vu de ce qu'il m'en reste 😁 ... Qu'à cela ne tienne ! Nous avons voulu venir en aide à la famille Morteau. Voyez-vous, les Morteau sont une famille de fermiers français, qui se voit contrainte d'héberger deux soldats allemands pendant les longs mois d'occupation. Comment Hans et Otto voient-ils la ferme ? Comment la nomment-ils ?


Dessiner en Allemand ... Vive les activités créatives pour mémoriser une langue, vive le coloriage, l'artisanat et le dessin en langue étrangère ! 😄

Louiselle a dessiné la ferme des Morteau - à l'aquarelle sur papier mouillé, ce n'est pas la technique idéale pour représenter des détails fins, mais le rendu en "fondu" est toujours joli, finalement !

Les enfants ont utilisé ensuite un imagier de la médiathèque et un dictionnaire bilingue pour légender les dessins. Comme je ne suis pas sûre de mon accent et de ma prononciation, nous avons écouté les mots retenus sur Reverso.

Louiselle ne souhaitait pas étiqueter son dessin lui-même car elle le destine à un autre projet. Nous avons donc photographié les détails retenus, les avons légendés via Photoscape, et imprimés.

Ce petit imagier home-made a rejoint le porte-vue des autres productions artistiques des enfants. Comme il est souvent feuilleté (le porte-vue), je pense qu'il ne tombera pas dans l'oubli (l'imagier !). 😊

IV. Des chansons et des images



"Un cours de musique était prévu ce matin. une fois en classe, l'instituteur proposa à ses élèves de chanter "Maréchal, nous voilà". Les paroles étaient inscrites à la craie sur le tableau noir.

Une flamme sacrée
Monte du sol natal,
 Et la France enivrée
Te salue, maréchal !
Tous tes enfants qui t'aiment
Et vénèrent tes ans,
À ton appel suprême
Ont répondu : présent.
Maréchal, nous voilà ! 
Devant toi, le sauveur de la France,
Nous jurons, nous, tes gars,
De servir et de suivre tes pas 
... 

A quelques kilomètres de là, au repaire des Robinson, on chantait une autre chanson. L'Anglais apprenait un air de chez lui à Gaston, qui avait fait l'école buissonnière pour tenir compagnie à leur protégé.

We'll meet again,
Don't know where, don't know when,
But I know we'll meet again,
some sunny day."

(T.3, L'heure du choix, chap. 9.)

Deux chansons contemporaines ... 😶

Évidemment, en lisant le passage ci-dessus, il fut évident pour moi que j'allais faire écouter ces chansons à mes enfants. Aussitôt dit, hop ! Je tape "Maréchal nous voilà" sur mon moteur de recherche et nous écoutons cette chanson ronflante d'un autre âge, non sans expliquer : le culte de la personnalité, l'éviction partielle de la Marseillaise au profit de cet hymne officieux, qui passe en boucle sur les ondes radios et dont on farcit le crâne de la jeunesse. 

Quel contraste avec  la chanson anglaise We'll meet again, moderne, rythmée et quasi sensuelle ... Que représente le ciel dégagé que promet la voix langoureuse de Vera Lynn ? S'agit-il du paradis, où les soldats morts au combat se retrouveront pour faire une fête à tout casser ? Ou des Lumières qui reviendront en cas de victoire sur le nazisme ?

Bref, après quelques écoutes, cet hymne à l'espoir était gravé dans nos cerveaux, et les enfants ont commencé à le chanter en boucle.

Le problème, c'est qu'ils se sont mis à chanter "Maréchal, Nous voilà" aussi. 😶

J'avoue que cela ne m'a pas dérangé outre mesure dans un premier temps, mais un jour que Louiselle s'est mise à chanter à tue-tête dans la rue (déserte ce jour-là, heureusement), mon homme a vraiment été gêné. Et il a fallu expliquer :

"Cette chanson fait référence à un épisode de l'Histoire dont nous, Français, ne sommes pas très fiers. Il vaut mieux ne pas la chanter devant les gens, car cela pourrait les rendre tristes, ou même leur faire peur. Les gens pourraient croire que tu aimes bien le Maréchal Pétain, par exemple."

Oh, non. Les enfants n'aiment pas du tout le Maréchal Pétain. Ils partagent l’aversion des Robinson à l'égard de ce papi au nom ridicule ("Pétain qui pète !", ha, ha !). Ils savent que Pétain a obéi à Hitler. Ils savent que Pétain a voulu le pouvoir pour lui tout seul. Ils savent que Pétain n'autorisaient pas les gens à penser comme ils voulaient. Ils savent surtout qu'il était raciste et qu'il a fait montre d'un zèle antisémite qu'on ne lui avait même pas demandé ... 

Mais enfin... Cette chanson aberrante reste une source historique, non ?, et en tant que telle, elle est précieuse ! Faut-il éviter de la faire écouter à nos enfants de peur qu'ils ne l'aient dans la tête un jour ou deux ??

La réaction de mon homme m'a un peu "calmée", comme on dit. C'est que j'étais déjà en train d'imaginer des séances d'arts plastiques engagées qui détourneraient l'étoile de David ou les armoiries du Reich ... Bon, ok, je ne suis plus tout à fait sûre que cela soit une bonne idée ... 😅

J'en était là de mes réflexions, lorsque que le hasard a enfoncé le clou (il aime bien faire ça, le hasard, j'ai remarqué).  Les grandes Grandes vacances font de multiples allusions aux emblèmes nazis - aigle impérial et croix gammée. 

"C'est quoi, une croix gammée ?", ont demandé les enfants.

Je me suis donc retrouvée à tracer des signes en l'air : "Et bien, c'est une croix comme ça, avec des petits picots, comme ça ... Non attends, ils sont peut-être dans l'autre sens, je ne sais plus ..."

Zut de flûte, je n'allais quand même pas faire une recherche "Croix gammée" sur Internet, hein ? Avec "Maréchal, nous voilà", dans mon historique, j'allais finir par être fichée - oui, la réaction de mon homme m'avait bien calmée. 😉
Qu'à cela ne tienne ! J'ai justement sous le coude deux ou trois documentaires pour enfants sur la Seconde Guerre mondiale. Nous allons bien y trouver une représentation de l'emblème nazi.

Et bien : non. Pas une seule.

Dans aucun des trois livres - par ailleurs richement illustrés par des sources historiques de toute nature.

Et puisque nous y sommes : pas un seul portrait d'Hitler non plus. 😶


Alors, mon ressenti est certainement contestable, et j'admettrai volontiers que tout cela relève d'un débat qui me dépasse - trop brûlant et trop frais à la fois. Mais le fait est que j'ai ressenti un malaise face à ces lacunes. Parce que je trouve important de pouvoir regarder son passé sans peur, bien en face, si l'on veut dire "Plus jamais ça.". De dévisager Aldolf Hitler et de lui dire : "Tu as fait le Mal". D'étudier la manière dont un sigle partisan - ou une chanson partisane ! - nait, en puisant ses racines dans des valeurs collectives, et les détourne parfois pour servir le fanatisme.


Comment ferons-nous cette analyse si nous détournons les yeux des sources historiques dont nous disposons, si nous les rendons taboues ? Une chanson, une photographie, une image, n'est pas dangereuse, ELLE NE L'EST PAS !, si on apprend à la décrypter et à la regarder bien en face.


Enfin, je m'en suis sortie. Nous avons trouvé des portraits du dictateur du IIIe Reich et des représentations de son régime ... dans la collection de timbres familiale. Les timbres, voilà des sources historiques merveilleuses ! Un timbre, c'est un objet moderne, et on pâlit en réalisant que ceux que nous avons sous les yeux ont servi à des gens, de vrais gens, il n'y a pas si longtemps ... N'est-ce pas justement ce qu'il s'agit de ne pas oublier ... !?

V. Un drapeau pour la paix



"Lorsque  les villageois se réveillèrent, ils purent se recueillir devant le monument aux morts et rendre hommage à ceux tombés au champ d'honneur. Un drapeau tricolore, grossièrement cousu par Muguette, recouvrait le pied de la stèle.

Ce fut pour les Robinson un acte de résistance dont ils resteraient éternellement fiers."

(T. 4, Le vent de la Liberté, chap. 4.)


Revenons à l'essentiel : la paix.

Il fallait finir cette séquence par un message de paix !😊

Les enfants m'ont demandé un jour : "C'est quoi un symbole ?".

J'ai expliqué que c'était une manière de représenter quelque chose d'abstrait.

"Connaissez-vous des choses qui ne sont pas des objets concrets, qu'on ne peut pas dessiner par exemple ?"

Oui ! Antonin commence par énumérer tout un tas d'émotions (tristesse, surprise ... ), puis nous cherchons d'autres choses : le mensonge, on ne peut pas le dessiner. La vérité non plus. Et la paix ?

" Comme on ne peut pas dessiner ces objets, on essaie d'imaginer des choses qui les représenteraient quand même. Ce sont des symboles. Par exemple, si tu devais dessiner la joie, qu'est-ce que tu dessinerais ? Et si tu devais dessiner la peur, ou la paix ?"


Pour la colère et la joie, les enfants ont quelques idées, mais pour la Paix, ils sèchent. Nous décidons de faire une petite recherche "Images" sur Internet : nous constatons que certains motifs sont très récurrents : colombe, mains tendues, planète Terre et autres Peace & Love ...

C'est à ce moment que germe l'idée que confectionner un drapeau tricolore qui serait composé uniquement de symboles de paix. C'est l'occasion pour les enfants d'apprendre à faire une recherche d'images en sélectionnant l'outil "Couleur" : ils cherchent d'abord des symboles bleus, puis blancs, puis rouges, qu'il enregistrent dans des dossiers consacrés. Reste à imprimer et à découper !

Parallèlement, notre drapeau (une simple feuille de papier à dessin format A5) est séparé en bandes peintes. Nous ne savons pas si notre collage sera suffisamment dense pour masquer le fond, il vaut mieux donc le colorer pour créer une unité chromatique.

En fait, le collage sera si serré qu'il ne restera pas de blanc - ni de bleu, ni de rouge. 😊


Le résultat est plutôt engagé, non ? ! Notez qu'il reste très politiquement correct, et que j'ai été sage - ni aigle impérial ni étoile de David, ouf !  😅

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Prolongements :


1. L'album incontournable si vous  abordez la Seconde Guerre mondiale avec des enfants, c'est Otto, autobiographie d'un ours en peluche, de Ungerer. À ne pas lire trop tôt (je suis toujours un peu chagrinée quand je le vois circuler en maternelle ...) - c'est un chef d’œuvre de sensibilité mais le sujet reste brutal, évidemment !

2. La musique du "Bal de la Libération" est une excellente façon de s'immerger dans l'esprit de l'époque. Le premier disque propose la crème des chansons populaires de 39-45, qu'elles pleurent les soldats tombés au front ou éclatent de joie à la Libération. On y trouve le honteux "Maréchal nous voilà !" (comme quoi je ne suis pas la seule farfelue à le trouver emblématique ...) et plusieurs discours tels qu'ils ont été diffusés à la TSF (Churchill, Pétain, De Gaulle ...). Le deuxième disque se compose uniquement de BO de films sur la Seconde Guerre (Le Pont de la rivière Kwai, Les douze salopards, Le jour le plus long ...).

Certains chants/discours/morceaux passent largement au dessus de la tête de mes enfants, mais d'autres les interpellent vivement et sont  l'occasion d'échanges passionnants. C'est à mon avis une excellente ressource pour tous les âges !

3. Enfin, n'oublions pas que Les grandes Grandes vacances, c'est avant tout un animé. Nous le visionneront - 6 h de dessin animé en perspective, ouch ! - mais pas tout de suite. Nous allons prendre un peu de temps pour digérer tout cela et nous aurons plaisir à retrouver cet univers dans quelques mois ...

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Je ne pouvais terminer cet article sans vous embrasser ... de loin, bien entendu. ❤ Je pense à chaque famille dans ce contexte social inédit, et je me dis que chacune doit vivre cette situation à sa manière. Je suis navrée quand je songe à toutes celles qui ne peuvent aborder cette période avec la sérénité qui est la nôtre ici. Un immense merci en particulier à tous ceux qui partent travailler pour nous puissions rester confinés en famille ... Je vous envoie plein de bonnes ondes et une belle dose de courage ! Surtout, prenez soin de vous - et des autres ! ❤ ❤ ❤

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12 comments

  1. Très joli bloc d'apprentissages variés sur un thème délicat. Je trouve subtile cette approche autour d'un livre et les activités proposées. La pyrogravure sur bâton de marche est vraiment une idée géniale. Le résultat va être superbe! Bravo aux enfants! J'aime beaucoup vos articles très complets ainsi que vos photos; je suis sûre que cela doit aider beaucoup de familles. De plus votre créativité est tout à fait remarquable et vos propositions originales. bravo! Virginie.

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    1. Oh, merci Virginie, venant de vous, cela m'honore !! Je suis moi même une grande fan de votre blog ! :-)

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  2. Tes articles sont toujours d'une telle qualité ! Merci pour ce partage ... Je suis également admirative devant le rendu des gravures sur les bâtons. A essayer ... car effectivement, Antonin n'est pas le seul enfant à revenir avec un bâton de chaque ballade ! Sur les symboles, je me rappelle que je m'étais entraînée petite à dessiner la croix gammée sur la buée de la voiture familiale ... Je n'avais pas compris à l'époque la réaction horrifiée de ma mère, et avait répondu quelques chose du type : "mais maman, plus personne n'est nazi maintenant, c'est pas grave, c'est juste pour le dessin ..." Je comprends maintenant sa réaction et celle de ton homme ! mais les enfants ont un regard très détaché en fait ... Bonne soirée à toi.

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    1. Très bonne soirée, Tiphaine ! Haha, j'imagine la réaction de ta maman, en effet !! :-D

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  3. Vos articles sont toujours un vrai bonheur !
    Bravo !! Et merci :)

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  4. C'est toujours une grande joie de lire vos articles !!
    Un grand merci :)

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    1. Merci beaucoup, ça m'encourage !! <3

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  5. Merci pour cet article.
    Vous lire dans ces temps de confinement, ça fait du bien car ça permet de penser à autre chose.
    Je suis admirative de votre travail à tous et de votre imagination.
    Bravo à Antonin pour ses mots croisés et à Louiselle pour ce très beau dessin réalisé à l'aquarelle.
    J'adore l'idée du bâton et nous allons vous copier même si nous n'avons pas lu les grandes grandes vacances. Mes enfants, comme de nombreux enfants, adorent les bâtons et ont chacun le leur qu'ils emportent lorsque nous allons nous promener.
    Mon fils est passionné par l'histoire. Il a lu de nombreux livres dont le titre commence par "La véritable histoire de..."
    Il vient de lire les 5 premières BD des enfants de la Résistance. Il a vraiment accroché.
    Ici aussi, nous aimons beaucoup les moments de lecture partagée mais malheureusement pour mes enfants j'ai beaucoup moins d'idées que vous et nous nous limitons donc à la lecture.
    Bon confinement à vous et encore merci pour tous vos articles qui sont toujours un très grand enrichissement.

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    1. Merci pour cet adorable retour qui me booste bien !! <3
      Je note les références des livres d'histoire (j'ai deux roman de la collection "La véritable histoire de ..." dans mes cartons, il faudrait que je les retrouve !!)
      Je ne connais pas la BD des enfants de la résistance, je vais creuser cela !
      Encore merci !

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  6. Bonjour, merci beaucoup pour ce partage. Chez nous les enfants sont encore un peu petits pour apprécier cette série mais mon mari et moi avons eu un vrai coup de coeur. Encore merci pour cette belle découverte.

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    1. De rien, je suis contente si j'y ai participé !! <3

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