Poèmes d'automne

novembre 20, 2016

Qu'est-ce qui se joue entre la poésie et nous ?

Il faut bien avouer que nous ne sommes pas nombreux, je crois, à avoir sur notre table de chevet une anthologie poétique que nous ouvrons en guise de lecture du soir... 😉 Et pourtant... la poésie reste la poésie, n'est-ce pas ? Auréolée d'un tel prestige qu'on se dit que cela ne doit pas être dû au hasard ou au malentendu... 😉

La poésie, je crois, c'est un espace vaste, généreux, où le verbe est suffisamment large pour que les images mentales et les mots de tout le monde puissent venir s'y nicher comme dans un chez-soi. Un poème est un écrit subtilement incomplet, qui accueille de ce fait un petit morceau de chacun d'entre nous. Ce n'est pas un hasard si le premier rapport à la Culture, dans la plupart des traditions, se fait oralement, sous forme de comptines et de chansonnettes, rythmées, rimées, mimées, balancées. Le bébé entre dans le monde de la Culture par la porte de la Poésie : des mots qui roulent comme des vagues et marquent les mémoires, de génération en génération.

Les enseignants adorent farcir le crâne de leurs élèves avec ces vers à savourer (ou pas). Ils ont d'excellentes raisons théoriques pour agir ainsi. Par exemple, on sait qu'un enfant de 3 ou 4 ans exposé au rythme, aux allitérations et aux rimes développe rapidement des compétences phonologiques - et donc, de lecteur. Vers 6 ans, baigner dans la poésie permet d'exercer la mémoire, de s'enraciner dans une culture littéraire et d'enrichir son lexique et sa syntaxe. Aux alentours de ses 9 ans, l'enfant accède à la dimension morale et historique des œuvres, qui servent alors de piliers pour construire sa personnalité et ancrer son histoire propre, et donnent des outils pour exprimer des émotions complexes avec nuances. Et je ne parle même pas du jeu langagier et du plaisir esthétique, à tout âge - hé, la poésie, c'est avant tout de la musique !

Vous l'avez compris, j'aime beaucoup la poésie, autant d'un point de vue artistique que d'un point de vue pédagogique - et il semblerait que le maître d'Antonin (en CP cette année) partage mon engouement. Encore que nos goûts divergent fréquemment, mais ceci est une autre histoire. 😄

Pour tout vous avouer, quand j'ai compris que mon fils de 5 ans allait devoir ingurgiter une poésie par quinzaine, j'ai un peu râlé. Bon, il faut dire que j'ai un problème avec les devoirs du soir - c'est très simple, c'est au-dessus de mes forces. Quand je rentre du travail, j'ai plusieurs heures de cours dans le dos (mes enfants aussi) et pas mal de devoirs à la maison en perspective, moi aussi. Alors voilà : en rentrant, je balaie tout cela, et je joue avec mes enfants (et je m'occupe du linge, du dîner, du courrier, etc., etc.). Je fais mes devoirs à moi quand les enfants sont couchés, et c'est mon mari, après le dîner, qui prend en charge les devoirs d'Antonin pendant que je m'occupe de sa petite sœur.

En clair : les devoirs d'Antonin, moi, je ne veux même pas en entendre parler.

Mais les poèmes de sa classe me rattrapent. Ces poèmes qu'Antonin apprend, son papa les apprend aussi. Ils les récitent parfois tous les deux dans des joutes impromptues - pendant le petit déjeuner, en promenade... Les poèmes appris servent d'unités de temps : "Bon, négocie Antonin, tu me masses le dos pendant tout le temps que je récite ma poésie, d'accord ?". Les poèmes de sa classe sont détournés, réécris à notre sauce familiale - il faut dire que certains d'entre eux sont relativement stupides... 😁

Bref, je me suis aperçue que je les savais, moi aussi. Et Louiselle, itou.

Et puisque décidément ce n'est que du bonheur, j'ai voulu partager ici ma petite sélection de cet automne : elle s'adresse en premier lieu à mes élèves (petite et moyenne sections), mais mes enfants les apprennent en même temps qu'eux et moi... Je crois décidément que plus nous sommes nombreux à apprendre quelque chose, plus l'exercice est ludique et aisé ! Comme si nos forces se conjuguaient...

J'espère que cette courte sélection vous plaira, la bibliographie se trouve en fin d'article !

Thierry Cazals


Comptine


Maurice Carême


Comptine

Bibliographie :

- Le petit cul tout blanc du lièvre, Thierry Cazals, Zaü, Motus.
- Poèmes à dire et à manger, Elisabeth Brami, Emmanuelle Houdart, Seuil Jeunesse.
- Les 25 chats de Maurice Carême, L’École des Loisirs.
- Am Stram Gram, Lucy Cousins et Lillo Canta, Mango.

Je reviendrais bientôt vous parler poésie - c'est un sujet qui m'occupe grandement en ce moment.

D'ici-là, avez-vous des poèmes chouchous adaptés aux 3 - 5 ans ? 😊

You Might Also Like

0 commentaires