Alphabet personnalisé

octobre 26, 2016


Antonin est entré dans une nouvelle phase : il s'attaque spontanément à la lecture de ses albums - du moins, quelques extraits. La phase d'apprentissage du code stricto sensu s'achève. Le Damoiseau a mis suffisamment d'ordre dans sa tête pour identifier les phonèmes les plus courants sans trop hésitation - et en cas d'hésitation, il sait s'appuyer sur le contexte pour en déduire le mot à déchiffrer. Voilà : ce sont les premiers pas dans la dernière phase, celle de la lecture dite "courante". Pour le moment, c'est encore un peu haché, mais le jour est proche où je pourrai dire (fièrement) : "Mon petit garçon sait lire !" 😄

Et la Damoiselle ? Laissez-moi vous conter une anecdote. L'autre jour, nous sommes allés nous promener à Grenoble en famille. Dans le train du retour, nous trouvons à nous caser dans ces places qui vont par quatre, vous savez ? Un siège est déjà pris par une dame côté fenêtre, et Louiselle s'installe en face d'elle. Soudain la Damoiselle se penche vers l'extérieur - nous sommes nez à nez avec un autre TER, et commence : ""NO - I - GUÉRE...". Elle est en train de déchiffrer l'inscription sur le train d'en face - j'ai l'habitude, la Damoiselle est en plein dans sa période sensible de la bouteille de lait... 😊 Je rappelle rapidement : "Oui, mais on lit toujours de gauche à droite, il faut partir de l'autre côté du mot". - "Ah, dit Louiselle, qui reprend derchef : RÉ - GUI - ON, RÉGION ! C'est un train qui roule dans la région !"

Juste avant de zapper cette scène, encore une fois si commune, je m'aperçois qu'elle a eu un témoin. J'ai cru que la mâchoire de la dame allait tomber par terre : je pense que la Damoiselle de 4 ans lui a fait l'effet d'un monstre de foire ! 😄

Et pourtant, l'autre jour, alors que Louiselle s'exerçait au traitement de texte (une activité très appréciée ici depuis longtemps !), j'ai remarqué qu'elle hésitait beaucoup. Elle voulait encoder des mots, et ne cessait de demander à son frère : "Où est le "N" ? Où est le "P" ?". J'étais occupé à autre chose, et n'ai pas pu observer la chose finement. Éprouvait-elle des difficultés à reconnaître les lettres ou seulement à les localiser sur le clavier ? Était-elle fatiguée ce jour-là, ou mélange-t-elle ses pinceaux ? Peut-être avait-elle simplement envie d'un peu de compagnie et essayait d'attirer son frère à elle... ?


Louiselle est une cadette. C'est à dire que je dois lui proposer à peu près deux fois moins d'activités que son frère au même âge - arg, je suis une mère indigne. Alors, puisqu'aujourd'hui, il pleut fort, j'ai lui ai concocté une petite activité sur mesure (idée prise ICI), histoire de manipuler un peu les lettres de l'alphabet. Et bien sûr, Antonin a eu droit à sa version aussi !


Puisque nous en sommes là, j'en profite pour refaire un point sur la notion de fiches, qui a suscité quelques questions dans les commentaires d'un article récent :

- Je ne suis pas contre les fiches (= activités sur papier). Dans certains cas, elles s'imposent, comme en graphisme. Ben oui, on écrit principalement sur du papier. OK. 😊

- Une fiche proposée dans un cadre scolaire doit être proposée au terme d'une séquence d'apprentissage. Par exemple, après avoir passé 15 jours à manipuler des blocs logiques à travers de multiples petits jeux, mes élèves ont colorié une fiche, qui a permis de garder une trace des acquis. A l'inverse, lorsque ma fille me rapporte quatre fiches par semaine d'école, j'en déduis qu'il n'y a pas, en classe, de séquence de manipulation en amont - les temps d'ateliers de la semaine sont tous, ou presque, passés sur table. Et ça, c'est nul et non avenu. Ce n'est pas en noircissant du papier que l'enfant apprend. Il serait plus profitable de le laisser jouer en récréation pendant ce temps-là, par exemple : il y apprendrait plus de choses.

- Une bonne fiche doit faire travailler les mains comme la tête. L'idéal, c'est que la tâche demandée demande à l'enfant d'articuler plusieurs actions, qu'il y passe du temps (éventuellement sur plusieurs jours). C'est le cas ici : l'enfant cherche les "mêmes" lettres dans des magazines et des brochures publicitaires. Une fois qu'il les a identifié, il les découpe. Puis il les colle. Au bon endroit. A la fin de l'exercice, mes enfants ont voulu utiliser mon correcteur blanc (qui les fascine et dont l'utilisation nécessite un exercice des doigts particulier) pour effacer les lettres des modèles qui dépassaient parfois des caractères collés. La motricité fine est largement sollicitée, et tant mieux : l'enfant apprend avec ses mains !

- Enfin, une fiche ne devrait jamais être un travail "autonome", sur laquelle on colle un groupe pour pouvoir s'occuper d'un autre. Bon, ça, je vous l'accorde, dans la réalité concrète d'une classe, c'est difficile. 😊 L'activité du jour prend tout son sens du fait de l'étayage : en réalisant sa recherche, l'enfant commente : "Tiens, ça c'est un A, comme arrosoir, regarde, là c'est un arrosoir !". L'adulte l'écoute et rebondit éventuellement : "Oui, le mot arrosoir commence par un A..." Les acquis qui ne construisent à travers ce type de dialogues tout bêtes sont vraiment considérables ! 😊


S'ils vous intéressent, les supports du jour sont à télécharger ICI en capitales, et ICI en cursive. 

Bonne fin de semaine ! Pour nous, nous partons enfin un peu, youpi ! 😊

Édit, une heure plus tard : Les enfant ont demandé à plastifier ("Tout seuuuuuls !") leurs travaux "pour les garder toujours"... Bon, décidément, je crois que cela leur a plu ! 😄

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2 commentaires

  1. Bonjour,
    Je crois vraiment que la date sur le blog est fausse : 2016 ?
    Bonne journée !

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    Réponses
    1. Bonjour, Isabelle !
      Non, ce n'est un bug, l'article a bien été écrit en 2016 ... Ce blog est en maintenance et je mets à jour un certain nombre d'article ... Désolée pour le dérangement !!

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