Jules César et Vercingétorix

September 07, 2016

L’œuvre fameuse de Royer... dont il serait très intéressant de décrypter l'idéologie sous-jacente avec des collégiens !
... et qu'on se contente de montrer aux plus jeunes : ils adorent la fierté qui irradie des deux protagonistes... 😊

Comme promis, je reviens vous présenter les supports que j'utilise ce mois-ci pour faire entrer mes enfants en Histoire, grâce à la rencontre de deux premiers "grands personnages", César et Vercingétorix.

Je rappelle qu'il ne s'agit pas, au vu de l'âge de mes enfants (4 et 5 ans et demi) de situer les choses dans le temps. Tout au long de cette année, nous nous contenterons de dire que les personnes dont on parle ont vécu "il y a très très longtemps", et de les situer, éventuellement, les unes par rapport aux autres (Celle-ci vécut avant celle-là, etc.). La chronologie ne sera pas intégrée par mes enfants à la fin de l'année scolaire, pour la simple et bonne raison que la notion de temps proche est encore en construction : grosso modo, "Quand Mamie était petite" et "Le temps des dinosaures", c'est quasi la même chose dans leurs jeunes esprits... 😉

Qu'il en soit ainsi, les choses se construiront au fil des ans. Mais s'attarder sur quelques figures majeures permet de fixer des noms et des évènements emblématiques (je passe les dates sous silence pour l'instant), et d'intégrer les premiers éléments de civilisation. "Comment il mangeait, Jules César ?", me demanda Louiselle ce midi en grignotant son sorbet. Et ce fut l'occasion de lui montrer, sur mon téléphone, une reconstitution de banquet romain. Bon, je suis sûre qu'elle va demander à manger couchée, avec les doigts, dans les jours qui viennent ! 😉

Voici donc les supports concrets que j'utilise en ce moment avec mes enfants :


- Des figurines.

Alors, c'est de loin le matériel le plus efficace. L'enfant joue, manipule, observe les costumes, les coiffures, les accessoires, les postures... Ces deux-là sont de la marque Papo, mais hélas le chef gaulois est assez difficile à trouver...

Monsieur Papo, il FAUT rééditer ces figurines !!  Et en inventer d'autres !! Comment vais-je faire le mois prochain, sans représentation de notre Clovis national ???

C'est lc, une lectrice de longue date, qui m'a fournit une solution de rechange dans son commentaire à mon dernier article : s'il est impossible de se procurer des figurines, on peut toujours se rabattre sur les Playmobils. Lesquels plaisent nettement moins à mes enfants que les figurines réalistes, mais ils pallieront le manque de représentation 3D... A suivre dès le mois prochain... !


- Des cartes. 

J'utilise celles de Charivari, elles sont absolument parfaites ! Chaque mois, je donne à mes enfants la/les cartes des ou du personnage(s) découvert(s). Elles nous servent de marque-pages dans nos livres d'Histoire (voir plus bas), et puis nous les collons, par ordre chronologique, sur une feuille de papier coloré dans notre couloir. C'est une première frise, pour les enfants ! Et elle est modulable, puisque chaque carte est collée au Patafix, et qu'elle peut être détachée, manipulée, replacée...


- Un album par personnage.

Après beaucoup d'hésitations, je me suis décidée à investir dans les petits albums des éditions "Quelle Histoire". Le bilan est mitigé :

- Aspects positifs :

D'abord, ce sont des livres peu coûteux (5 euros la bête, c'est tout à fait correct). Bien sûr, le format et la reliure vont de paire avec le prix - ce sont de petits albums brochés - mais la qualité proposée est tout à fait correcte.

Ensuite, ces petits ouvrages isolent un personnage, et la collection est vraiment exhaustive. C'est-à-dire qu'il me sera très facile de me procurer un album par figure étudiée - alors que je ne suis pas sûre de trouver une figurine pour chacune, par exemple. C'est l'argument qui m'a vraiment décidée à commencer cette collection (du moins, pour les personnages qui nous intéressent !). C'est vraiment structurant au niveau des représentations mentales de posséder un petit album par figure emblématique !

Le texte est de qualité, précis, exigeant. Des petits jeux sont proposés en fin d'ouvrage (Cherche et Trouve, Différences...) qui plaisent beaucoup à mes enfants.

- Aspects négatifs :

Rien à faire, j'ai beaucoup de mal avec les illustrations. Même les enfants, généralement beaucoup plus ouverts que moi sur le sujet, se sont étonnés des silhouettes des protagonistes : "Euh, il était enfant, Jules César, là ??" Ben oui, pourquoi cette grosse tête et ce corps écrasé ? On ne saura jamais... Les décors sont réalisés en images de synthèse, l'ensemble manque d'âme et de détails, c'est certain.

Le texte est complexe. L'exigence est au rendez-vous, certes, mais du coup je préfère raconter ces albums à mes enfants plutôt que de les lire (cf. point suivant). Notez que cela peut être interprété comme un avantage, et que j'aurai pu le placer dans les points positifs... Tout dépend de ce que l'on cherche véritablement, mais le texte en lui-même s'adresse plutôt aux enfants à partir de 8 ans.

Source de l'image

- La narration.

La narration, c'est ainsi que j'appelle le fait de raconter une histoire sans lire aucun texte. La narration est sans filet. Ce qui suppose, pour l'adulte, d'avoir  une connaissance relative du sujet (et c'est là que les petits livres sus-mentionnés se révèlent très utiles pour une mise à niveau rapide). Narrer, c'est drôle, c'est vivant, et on ne sait jamais vraiment où cela va nous mener : c'est ainsi que je me suis retrouvée à mettre en scène les batailles de Gergovie et d'Alésia avec nos figurines dans le jardin. Un bidon d'eau, qui était là, nous servit de monticule, sur lequel jucher Vercingétorix : l'oppidum idéal ! Et Jules César qui tournait autour en maugréant, ah, ah ! 😄 Du coup, mes enfants ont retenu les noms de ces deux batailles et les réinvestissent dans leur jeux. Je ne l'aurai jamais cru ! 

"Je t'enferme dans la boite, Jules César, parce que là, c'est Gergovie, et c'est moi qui gagne ! 
- Pas grave, Vercingétorix, moi, je vais gagner à Alésia, alors je m'en fiche, d'abord !!"
😄

Et bien, voilà : ils ont compris les grandes lignes ! 😄

L'Histoire de la France racontée à tous les enfants, Fernand Nathan, 1960.

- Un grand livre d'histoire illustré.

Qui peut être feuilleté, et permet de construire une image concrète de l'immense chronologie qui constitue notre passé. L'Histoire a un sens de lecture ! 😉

Chez nous, nous possédons en réalité trois livres de ce type.

Le premier, L'Histoire de la France racontée à tous les enfants (voir ci-dessus), appartenait à mon mari quand il était enfant ! Le texte est dense et exigeant, les vignettes sont nombreuses sur une double page. L'idéologie propre à la première moitié du XXe siècle y est encore très prégnante.

Le grand livre de l'Histoire de France, Daniel Sassier, Bruno Le Sourd, 1991.

Le deuxième, Le grand livre de l'Histoire de France (cf. ci-dessus), appartenait à mon petit frère quand il était petit. La présentation s'allège, les dessin sont plus grands. J'aime bien les zooms à la fin de chaque chapitre, qui dressent le portrait de quelques personnages de l'époque, et présente une photographie d'œuvre d'art. Mais l'ensemble est encore difficilement abordable tel quel par mes enfants.

Ma première Histoire de France, Jerôme Maufras, 2011.

J'ai acheté le dernier récemment : il s'intitule assez justement Ma première Histoire de France et cette fois, le texte est abordable, je peux le lire à mes enfants sans en changer une virgule, les illustrations sont claires, l'ensemble est sans surcharge, bref : il me semble remplir son office ! J'attends de lui qu'il soit une espèce de chronologie sur papier glacé, et ma foi, mes enfants adhèrent totalement.

Ces trois albums grand format permettent un va-et-vient entre les faits évoqués et le flux évènementiel dans lequel ils s'inscrivent : on recherche la page des celtes, celle des batailles entre gaulois et romains, celle de la ville gallo-romaine, on compare les illustrations, on croise les informations...

- Des vidéos.

Elles permettent de faire revivre ce passé révolu... Une fois de plus, l'Histoire est une science de l'image, et il serait dommage de se priver des supports multi-médias la concernant. Mais attention : regardez toujours les vidéos seul(e) avant de les proposer à votre enfant, et sentez-vous libres de ne pas les lui présenter si vous doutez de la manière dont il les recevra. A chacun sa susceptibilité, et se pencher sur l'Histoire, c'est aussi voir les guerres, la violence et la mort - laquelle, pour les personnages qui nous occupe aujourd'hui, ne fut pas spécialement paisible... Lorsqu'on conte, on garde le contrôle sur ce qu'on choisit de dire et sur la manière dont on le dit. Ce contrôle est totalement perdu lorsqu'on place son enfant face à une vidéo, pensez-y ! 

Voici néanmoins deux pistes passionnantes et ludiques à explorer :

- L'épisode de la fameuse série "Il était une fois l'Homme" relatif aux guerres de Gaule ("Pax Romana").

- Dix petites vidéos de civilisation sur France TV éducation (la vie des enfants, l'habitat gaulois...).

Le mois prochain, nous rencontrerons Clovis ! Je viendrai vous raconter ! 😊

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