De la chenille au papillon

juillet 18, 2016


J'ai réalisé dernièrement que l'observation des insectes était peut-être notre première grande passion familiale... Nous sommes tous les quatre absolument fascinés, bien qu'ayant chacun un rapport très personnel à ce monde minuscule...

Ceux qui me suivent sur Instagram ou Facebook savent déjà l'extraordinaire aventure que nous avons eu l'occasion de vivre le mois dernier... Nous avons adopté cinq chenilles, et assisté à leur croissance jusqu'au stade papillon... Et pour le dire en bref... ce fut MAGIQUE !! 😄

Quand je dis que nous les avons adoptées, nous les avons en réalité achetées. Je répugne toujours à prélever des animaux dans la nature, même s'ils ne sont pas protégés. L'élevage de chenilles est de surcroît assez délicat, et je m'en voudrais de faire mourir des bestioles, qui, laissées libres, auraient peut-être survécu... Prudemment, j'ai donc commandé ce kit sur Achat-Nature, et c'est sûr : je recommencerai ! 😉

Une vingtaine d'euros pour élever cinq papillons Belle-Dame (ou Vanesses du chardon), voilà un prix qui m'a semblé raisonnable. Nous avons reçu assez vite le kit proprement dit, qui comprend le filet à papillons et une documentation assez maigre, mais suffisante pour s'occuper de nos protégés. Le colis contenait aussi le bon de commande pour les chenilles, que l'on peut commander par courrier ou en ligne (il faut prévoir 3 euros supplémentaires pour les frais de port des bestioles). Il ne reste plus qu'à attendre une dizaine de jours...

Mercredi 1er juin : Les voilà !

Par chance, nos chenilles sont arrivées dans notre boite aux lettres un mercredi - j'étais déjà à la maison lorsque le facteur est passé, et nous avons pu ouvrir le paquet aussitôt. L'idée qu'elles avaient voyagé ainsi m’inquiétait un peu, mais nous constatons immédiatement qu'elles sont au nombre de cinq (youpi ! Le site promet entre 3 et 5 insectes, en fonction des naissances, je suppose) et qu'elles sont toutes en bonne santé. Quatre d'entre elles sont amorphes, néanmoins, mais la documentation fournie spécifie bien que c'est normal. C'est rigolo de les voir : elles sont comme couchées dans de petits hamacs de fils de soie légers, qu'elles tissent contre les parois du récipient... La cinquième laronne, par contre, est assez fébrile, et s'acharne à gravir les murs transparents. C'est difficile, elle glisse, elle est si petite ! C'est d'ailleurs la plus petite, et cette particularité nous permettra de la reconnaître de ses sœurs jusqu'au stade chrysalide. Je m'exclame plusieurs fois : "Oh, mais elle est speed ! Elle est speeeeeed !", et les enfants décident de la prénommer ainsi : "Speed". Notre petite chenille ! Ses congénères reçoivent les noms de Ginette, Madame, Louise et Bobo. Nous les plaçons à hauteur de vue, à l'abri de la lumière directe. La grande aventure commence !

Voyez-vous Speed tout en haut ? 😉

C'est rassurant : nous n'avons pas besoin de nourrir nos chenilles. Le fond de leur bocal est recouverte d'une pâte comestible, à base de soja.  Bien sûr, il serait plus éducatif de chercher dans la nature des végétaux correspondant à leur régime à l'état sauvage... Mais c'est plus dangereux, aussi : en manipulant les plantes, l'homme peut transmettre des germes aux bébés fragiles - ce qui expliquerait en partie la grande mortalité des chenilles dans les élevages non-experts.

Bibliographie en fin d'article

C'est frustrant, néanmoins : l'éleveur conseille bien de ne pas ouvrir le bocal. Toujours cette histoire de germes, il n'est pas question de manipuler nos petites bêtes. Nous pourrions les blesser, mais surtout leur transmettre des maladies. Les enfants acceptent très bien cette consigne (mieux que moi, je l'avoue...).

Nous observons donc nos petites chenilles qui s'extraient de leur torpeur et qui dévorent ! Elles s'accrochent la tête en bas contre la paroi et croquent avec appétit dans la pâte brunâtre... 😊

Samedi 4 juin : Au boulot !


Je profite du week-end pour préparer quelques supports. La tâche est mâchée, tout se trouve sur le blog Crapouillotage : les cartes de nomenclature de la chenille, le cycle de vie du papillon (version longue, ou, plus simple, façon "images séquentielles") et  les cartes de nomenclature du papillon. Que du bonheur, elles sont parfaites, il ne reste plus qu'à imprimer, plastifier et découper. 😉

Parallèlement, je reçois (avec un peu de retard 😄) mon cadeau de fête des mères... Mon amoureux m'offre un microscope USB, qui nous permet une observation fine de nos protégées. Non seulement il grossit sensiblement et rend les plus petits détails visibles, mais il permet de prendre des clichés. Il est plus facile d'observer, sur grand écran, une photo de chenille immobile que son homologue qui se tortille, surtout quand on a 4 et 5 ans ! Nous décrivons les différentes parties du corps de la chenille, en nous appuyant sur les cartes de nomenclature et nos documentaires.


Les enfants réalisent ensuite une chenille en pâte à modeler. Ils énumèrent les différentes parties du corps à fabriquer, et je leur prête mes mains au besoin : "Il faut une tête ! Et un thorax ! Et six pattes, qui sont attachées au thorax ! Et un abdomen, un loooong abdomen. Qu'allons-nous prendre pour représenter les ventouses ?... Et comment dessiner les yeux et les mandibules ?". L'objectif ici n'est pas d'obtenir une représentation réaliste, mais de structurer les connaissances. La 3D apporte vraiment un plus, une "réalité" que la 2D n'a pas !

Sur le même principe, les enfants dessinent le portrait de la chenille de leur choix. Je guide le dessin d'observation par des questions : "Bon, on commence par quoi ? Qu'est-ce qu'elle a, cette chenille, comme partie du corps ? - Une tête ! - De quelle forme ? - Ovale, décrète Antonin. - C'est comment ovale ?, s'enquiert Louiselle. - C'est un cercle un peu écrasé, comme un O", explique son frère, etc.

"Ginette", par Louiselle, 4 ans.

Représenter (sur le papier) permet de se représenter (dans sa tête). Une fois de plus, il ne s'agit pas de réaliser une représentation réaliste. Louiselle ajoute un nombril à sa chenille (!) et la dote de couleurs assez fantastiques. Mais son dessin montre bien qu'elle a construit, sans renier sa créativité, une vision fine de notre bestiole : les deux-fois-trois pattes sont bien attachées au thorax (ce sont ici de petits triangles), les ventouses, demi-cercles jaunes, se greffent sur l'abdomen, et la Damoiselle n'a pas oublié les poils... 😄


Nous constatons que nos chenilles grossissent à toute vitesse, et décidons de les mesurer avec un ruban. Ce n'est pas facile : il faut le faire à travers la paroi transparente, les larves refusent de se tenir bien droites comme on voudrait, et puis Antonin arrondit sa mesure au centimètre près, ce qui fait que notre relevé est loin d'être précis. Néanmoins, sachez que nos bestioles, qui mesuraient moins de 2 cm à leur arrivée, en faisaient plus de 5 au moment de leurs transformations en nymphes ! Voilà pourquoi elle ont tant besoin de protéines !! 😊

Mardi 7 juin :  Les mues mystérieuses


Plus de doute possible, nos chenilles sont en train de changer d'aspect. Témoin notre petite Speed, toujours plus frêle et plus fine, qui semble décalée dans son développement. Elle est toujours noiraude alors que ses sœurs sont à présent nimbées de blanc : leurs épines sont plus longues, claires, et des lignes beige/jaune strient leurs flancs. La documentation fournie avec l'élevage n'aborde jamais la question de la mue, mais nous savons, pour l'avoir lu, qu'une chenille mue quatre fois avant sa métamorphose. Sans doute plusieurs mues ont déjà eu lieu lorsque nous les recevons. Mais s'il s'agit aujourd'hui de mue, où sont les exuvies (vieilles peaux) ? Les chenilles les mangeraient-elles ? Il est vrai que nous observons des boulettes hérissées au fond du bocal - elles ressemblent à des têtes de chenilles... ??

Je ne lâche plus Speed des yeux. D'ailleurs, elle parait un peu amorphe ce soir... Et soudain, je vois : son corps se couvre de points blancs. J'appelle les enfants, et Louiselle remarque une boulette hérissée de plus au fond du bocal... C'est fou, on dirait vraiment une tête de chenille... A bien y regarder, la tête de Speed est bizarre, elle semble disparaître sous une croûte fragile et brune. Nous en déduisons que la boulette hérissée constitue une mue partielle, une mue de la tête ??


En même temps, le corps de Speed se couvre d'épines blanches, qui semblent souples et humides, un peu comme celles des petits hérissons à leur naissance. Quelques minutes plus tard, la tête de Speed est toute marron ; ses épines sèchent et s'organisent en crête. Encore un peu de patience : ça y est. Speed est semblable à ses sœurs. Sa tête est devenue noire, ses épines blanches sont bien rangées et les lignes claires se dessinent sur son corps. L'ensemble de la transformation a duré 20 minutes. Cela ressemble plus à une éruption cutanée qu'à une mue classique... Si un spécialiste passe par là, je veux bien ses lumières ! 😊

Bibliographie en fin d'article

Le cycle de vie de la chenille s'affiche sous notre élevage - du moins, jusqu'au stade où nous en sommes. Les enfants adhèrent ! D'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, la frise trône toujours dans notre cuisine car ils me demandent encore fréquemment de leur raconter "la petite histoire" de la métamorphose...


Mercredi 8 juin : Nettoyage


Je sais que l'éleveur le déconseille, mais ça devient vraiment trop sale, là-dedans ! Nous décidons de faire un peu de ménage. Je donne les consignes : on ne touche pas aux chenilles ! Tout se fera à l'aide d'un gros pinceau de soie bien propre, avec lequel nous prélevons les larves, les déposons sur une feuille de papier. Le bocal est retourné au dessus du compost, l'intérieur rapidement balayé au pinceau, et hop ! Tout le monde à la maison ! Nos belles ne paraissent pas du tout déconcertées par l'espace qui s'ouvre autour d'elles... Bien au contraire ! Elles seraient ravies de partir explorer le jardin. Heureusement que l'opération ne dure que quelques minutes, sans quoi nous aurions du mal à les contenir...

Une partie de moi regrette qu'elles ne puissent pas avoir l’opportunité de se balader un peu. Et d'ailleurs, je m'interroge : des chenilles d'élevage, qui vivent depuis leur naissance dans un environnement aussi aseptisé, développent-elles, aussi bien que leurs congénères sauvages, une connaissance de leur milieu et de ses dangers ? Nos papillons s'en sortiront-ils une fois adultes dans cet environnement neuf ? L'imago doit bien avoir des réminiscence de son âge larvaire, non ? Je me demande ce que ça fait "de l'intérieur", toutes ces transformations tellement radicales... Quelqu'un a-t-il déjà pensé à étudier le développement de la personnalité chez les arthropodes ? "De la métempsychose du papillon, ou du développement de l'âme des lépidoptères à travers leurs mues successives" : voilà un beau sujet de thèse... Mais je m'égare... 😄

Vendredi 10 juin : Les chrysalides


Ce qui devait arriver arriva : en rentrant du travail, je trouve quatre chrysalides pendues au couvercles du bocal. Speed, une fois de plus, prend son temps, mais je sais que c'est pour bientôt. (Autre question existentielle : les chenilles coordonnent-elles leurs métamorphoses afin d’accroître leurs chances de se rencontrer par la suite, et donc de se reproduire ??). Je braque mon microscope sur notre petite bête. Je ne peux pas avoir l’œil tout le temps dessus, mais le samedi vers midi, c'est dans la boite :


Alors, moi, je croyais que les chenilles TISSAIENT leurs chrysalides !!???

Et bien, pas les nôtres. La nymphe est finalement une mue de plus. Lorsque la chenille s'accroche la tête en bas, elle n'est déjà plus ce qu'elle parait. Sous son enveloppe banale, avec sa tête, ses pattes, tous ses attributs d'insecte, elle s'est déjà transformée. Le moment venu (elle reste plusieurs heures dans cette position), elle se débarrasse une dernière fois de son apparence de chenille - hop, comme on enlève un pyjama. Elle ne ressemblera plus jamais à cela. 

Les exuvies, une fois de plus, sont toutes petites, ratatinées. On les remarque à peine - ce ne sont que des peaux vides et chiffonnées. Ce qui me ramène à nos mues "de tête"... S'agissait-il vraiment de cela ? Ou était-ce des mues "totales" mais compactées par l'opération ? J'ai peut-être raté quelque chose... 😄


Une fois de plus à ce stade, le microscope est un outil d'apprentissage fabuleux : non seulement il nous permet d'observer bien mieux qu'avec nos yeux (il est plus précis... et plus disponible !) mais on peut se repasser indéfiniment les petits films ensuite... 😉

Bibliographie en fin d'article

Et notre frise s'allonge... 😊


Dimanche 19 juin : Éclosion

Dès le vendredi suivant, nous constatons que les chrysalides changent d'aspect, elles "mûrissent" en quelque sorte : elles foncent et paraissent de plus en plus sèches, elles craquellent... C'est pour bientôt ! Nous récoltons des fleurs fraîches au jardin pour en garnir le filet : les papillons aiment se percher sur les feuillages, et surtout, ils ont besoin de se nourrir quotidiennement !


Et dimanche, c'est parti : quatre papillons naîtront à quelques heures d’intervalle...



A la naissance, le papillon perd un liquide rouge - pas de panique, ce n'est pas du sang ! Il s'agit du méconium, le contenu de son tube digestif qu'il a besoin d'expulser.
 

Après l'émergence, le jeune papillon a besoin de repos et de calme. Ses ailes sèchent et se déploient, il sera bientôt prêt pour l'envol. J'imagine qu'il est aussi un peu étourdi par tant de chamboulements - cela doit être étrange de se réveiller dans un autre corps ! 😉

Étude du papillon :


Le moment est venu pour nous d'observer l'anatomie des papillons en prenant appui sur les cartes de nomenclature et les documentaires.

Bibliographie en fin d'article

J'étais déterminée à acquérir un puzzle en bois d'inspiration montessorienne sur les différentes parties du corps du papillon, mais hélas, celui que je voulais ne semble plus être distribué... On trouve par contre assez facilement un puzzle de papillon bleu, composé de trois partie : ailes (x 2), corps, et basta. Non seulement ce puzzle est bien trop facile pour mes enfants, mais il n'exploite pas du tout ce que nous avons appris ! Mes enfants savent dorénavant qu'un insecte a 6 pattes, qu'elles sont, ainsi que les ailes, greffées au thorax, que le corps de l'insecte se compose de trois parties (qu'ils savent nommer), que la plupart des insectes possèdent deux paires d'ailes, etc, etc. Je cherchais un matériel qui permette de réinvestir tout cela !

A défaut, j'ai proposé un collage à partir du "puzzle" proposé par Crapouillotage ; je l'ai néanmoins redessiné pour que le corps se segmente en trois parties nettement identifiables (tête, thorax, abdomen), car sur ce modèle, il y a un segment supplémentaire (extension de la tête) qui troublait mes enfants... Et voilà le travail (réalisé au bâton de colle type UHU, plus facile que le pinceau sur un travail aussi minutieux) :

Collage

On enchaîne sur un dessin d'observation, qui s'appuie, comme celui des chenilles, sur 1. l'observation concrète des petites bêtes. 2. les cartes de nomenclature classifiées. 3. les questions-guides de l'adulte et le débat entre pairs.

"Papillon", Antonin, 5 ans et demi.

On peut aussi proposer des coloriages - papillons - mes enfants les adorent et c'est d'ailleurs une excellente occasion pour observer  s'ils sont "entré en symétrie" ou pas... Ici, pour Antonin, c'est OK ! 😉


Étude du cycle de vie :

La "petite histoire" du cycle de vie est désormais complète sur notre étagère, et les enfants ne se lassent pas de m'en réclamer le récit...


La séquence est encore trop longue pour qu'ils acceptent de la prendre en charge en totalité - je crois que le nombre d'images les impressionne un peu... Par contre, ils aiment à replacer dans l'ordre les quatre cartes qui représentent les éléments les plus marquants de la métamorphose. La séquence est encore difficile à verbaliser : ils ont tendance à rester dans le descriptif : "Œuf ! Chenille !", voire, dans le meilleur des cas : "Chenille, et après Chrysalide, puis Papillon". Construire des phrases qui explicitent la causalité est encore difficile : "La chenille sort de l’œuf, puis se change en chrysalide dont sort le papillon". C'est pour cela que ce type de matériel fait du profit : on peut l'exploiter différemment à chaque âge !


Un grand merci à Karine de Tangram Montessori pour les figurines du cycle de vie du papillon ! Parfaites pour être mise en relation avec les cartes, elles permettent de rendre l'apprentissage plus concret... en jouant ! 😊 Mes enfants les aiment tellement qu'ils dorment avec (si, si...) et réinvestissent ce qu'ils ont appris dans leurs mises scène : "Oh, dit la chenille, moi je veux voler, mais je ne peux pas ! Je n'ai pas encore d'ailes ! - Monte sur mon dos, dit le papillon, moi, j'ai quatre ailes et je vais t'emmener" etc. 😊


Enfin, j'ai fabriqué un jeu de l'oie qui plaît beaucoup chez nous, et qui met en évidence que le cycle est sans fin : le papillon adulte pond un œuf, d'où sort une chenille qui se transforme en papillon, qui pond un œuf d'où sort une chenille, etc. Le support vient d'ICI et les images, de LA. Vous pouvez télécharger ce plateau de jeu ICI. Imprimez-le sur une feuille colorée (pourquoi pas un joli vert tendre ?) et plastifiez-le si possible. Amusez-vous bien ! 😊

Mardi 21 juin : Relâche


Bon à savoir : l'éleveur envoie un mail lorsqu'il estime que le temps est venu, approximativement, de relâcher nos papillons. 😉


Je ne me le suis pas fait dire deux fois, j'avais vraiment hâte de relâcher nos Belles-dames ! La liberté me languissait pour elles...

Deux d'entre elles se sont envolé sans demander leur reste, mais les trois autres sont resté longuement sur nos doigts - et elles ont même pris une petite collation avant le grand départ : qui en puisant le nectar d'une fleur fraîche, qui en aspirant l'eau sucrée dont nous avions imbibé un mouchoir en papier...


C'est tout simplement incroyable de les voir si confiantes, de pouvoir les manipuler - vous savez à quel point les papillons se laissent difficilement observer à l'état naturel...

Par contre, quand elles s'envolent, c'est pour de bon. Nous ne les avons plus jamais revues au jardin. Les Vanesses sont des papillons migrateurs, elles ont peut-être parcouru plusieurs kilomètres avant de trouver un emplacement qui leur convienne... C'est une des raison pour laquelle ce type d'élevage peut être réalisé même si vous habitez en ville : relâchez-les d'une fenêtre au plein cœur de Paris, elle se chargeront de trouver leur habitat idéal... Leurs petites ailes doivent de toute façon s'exercer : l'hiver prochain, elles voleront jusqu'en Afrique et reviendront en Europe au printemps suivant...


Quelques jours après la relâche, nos papillons nous manquent, c'est sûr ! Les enfants décident de leur écrire une lettre (ils me chargent du rôle de secrétaire) que nous accrochons bien en vue au pommier du jardin, à l'endroit même où nous les avons relâchées... Pour la signature, mes enfants ne signent plus de leur prénoms, pff, c'est surfait ! Ils "signent" pour de vrai, avec de grands paraphes alambiqués, oui, Madame ! 😄


Dernière question existentielle : les papillons savent-ils lire ? Après un moment de réflexion, les enfants décident que oui. Ils savent. "Mais seulement dans leur tête." Voilà pourquoi les pauvres humains que nous sommes n'en savons rien... 😉

Pour moi, j'ai beaucoup appris sur ces animaux en l'espace de quelques semaines et je réfléchis déjà aux activités sur le sujet que je pourrais proposer les années prochaines à mes enfants de plus en plus grands... Je n'ai qu'une envie, c'est de recommencer ! Si l'aventure vous tente aussi, sachez que vous pouvez acheter des larves jusqu'au mois de septembre, il n'est donc pas trop tard pour cette année ! 😉

Papillon, vole, vole ! Et bon vent !

Bibliographie :
- Copains des petites bêtes, Léon Rogez, Milan, 2000.
- Mille milliards d'insectes, Gallimard Jeunesse, 2000.
- Mon livre animé des papillons, Sue Unstead, Gil Tomblin, Milan Jeunesse, 2005.

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