Spiritualité : trois albums pour les petits

June 02, 2016

Attention, les albums dont je vais vous parler aujourd'hui ne sont pas des livres sur la religion. Ce ne sont même pas des livres SUR la spiritualité, à vrai dire. Mais ils sont à mes yeux des livres DE spiritualité, en ce sens qu'ils délivrent tous, chacun à leur manière, ce message : le bonheur ne dépend pas de circonstances externes, mais de notre état d'esprit. Ce qui est, à mon sens, le message spirituel universel, délivré par toutes les religions. C'est le seul enseignement spirituel que je voudrais transmettre à mes enfants - comment, à vrai dire, je ne le sais pas encore vraiment... 😄

En tous cas, les trois livres suivants sont des alliés certains. Sans doute leurs auteurs seraient surpris de les trouver rassemblés ici, sous l'appellation de "livres spirituels". Et pourtant chacun d'eux chante à mon oreille la valeur de la vie humaine, et le fait que nous subissions les conséquences de ce que nous pensons, de ce que nous disons et de ce que nous faisons. Je m'explique :


Bonjour le monde !, Catharina Valckx,L'Ecole des Loisirs, 2013.

L'histoire : Nine et Mo sortent saluer le monde : les arbres, les poissons, les pierres...

Le message : Dire "bonjour", c'est être pleinement présent à ce qui est. Dire bonjour est une formule de politesse que les enfants sont invités (voire forcés...) à employer lorsqu'ils rencontrent quelqu'un ou qu'ils entrent quelque part. Mais c'est avant tout l'expression d'un souhait chaleureux. Prononcé en portant attention à sa signification, il nous ouvre et nous relie à celle ou celui à qui nous l'adressons. En disant bonjour à quelqu'un, nous lui disons que nous l'avons vu et regardé.

D'ailleurs, ma prof de méditation nous enseigne à nous dire "Bonjour", lorsque nous apercevons que nous avons suivi le cours de nos pensées vagabondes au cours d'une méditation : nous nous disons alors "Bonjour" mentalement, pour marquer avec précision le moment où la pensée revient au présent.

Ici, c'est aux autres que la petite Nine ouvre son cœur. Elle est la personnification d'une attitude chaleureuse et amicale envers Autrui. Son sourire et sa gaieté, sa préoccupation sincère pour les êtres du monde, me semblent promouvoir davantage les valeurs du véritable développement spirituel que tous les gros livres compliqués sur le sujet.

Sur la couverture, ce petit personnage semble faire la salutation au soleil... N'est-ce pas ? 😉


Le sourire de Kiawak, Carl Norac, Louis Joos, Pastel, 1998.

L'histoire : Lorsque Kiawak pêche (enfin !) un poisson, et un gros !!, il croit s'être réalisé en tant que pêcheur, conformément au désir de son père. Mais en réalité, c'est un enseignement que le petit garçon reçoit, et son destin est tout autre : il va devenir un sage et trouver ainsi sa place dans la société.

Le message : La vie est pleine de petites et de grosses épreuves. Comment faire face à cette hostilité ? La seule manière efficace d'améliorer une situation consiste avant tout et surtout à travailler sur soi-même.

Le petit Kiawak gère pacifiquement des situations extrêmement difficiles : il affronte l'ours blanc et la tempête. Et comment réalise-t-il ces exploits ? Il ne fait rien. Ou plutôt si : il sourit. Sur le visage du petit Inuit, la plume de Joos trace le sourire du Bouddha. Les dangers qui menacent le petit garçon et sa famille sont inchangés. Mais son attitude, son point de vue et sa réaction vont les écarter : il sourit. La seule chose sur laquelle cet enfant vulnérable a du pouvoir, c'est sa propre attitude. Et son sourire va lui permettre non seulement de régler les situations difficiles, mais aussi d'ouvrir son cœur aux autres en mettant sa sagesse au service de la communauté.


Billy se bile, Anthony Browne, L'Ecole des Loisirs, 2008.

L'histoire : Billy se fait continuellement du soucis. Un soir, sa grand-mère, contrairement aux autres adultes de son entourage qui s'empressent de le rassurer ou de nier ses émotions, lui enseigne un secret : ces inquiétudes peuvent être projetées hors de lui, il peut les objectiver et ainsi les vaincre.

Le message : Notre esprit subit des influences négatives, qui nous conditionnent à réagir de certaines façon (stress, crainte mais aussi envie, agressivité...) aux évènements de notre vie. Mais il est possible de se "déprogrammer". Billy reconnaît qu'il a tendance à réagir par l'anxiété et va formuler ses gênes en se confiant à ses poupées tracas. Ce faisant, il va neutraliser ses sentiments négatifs et les remplacer par le contentement et la générosité.

L'image est claire, une fois de plus : c'est l'esprit qui façonne et crée tout ce qui nous arrive, sans exception aucune. Rien n'a changé objectivement dans la vie du petit Billy - si ce n'est son climat intérieur. Ce qui se passe à l'intérieur de lui détermine son bonheur ou son malheur bien plus que les circonstances extérieures, qu'Anthony Browne ne prend d'ailleurs même pas la peine de développer...

Connaissez-vous ces livres ? Ma lecture vous semble-t-elle pertinente ? 😊

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