Coschooling : novembre 2015

décembre 02, 2015


Décembre est là, et tout sent bon Noël. La colle, les paillettes, les ciseaux, les rouleaux de masking tape et les pompons sont de sortie, et les enfants les manipulent à cœur joie. Une fois de plus, c'est le processus qui prime et, en toute honnêteté, je doute de la viabilité de la plupart des "cadeaux" réalisés à l'aide de ces frêles matériaux. Mais le cœur y est, oh combien !!😄

Pour moi, j'ai un retard monstre dans mes paperasseries de classe - et une inspection dans une semaine, vive la joie ! J'expliquerai à mon supérieur hiérarchique que l'essentiel n'est pas là, et bien sûr, il comprendra ! 😉

Vite, avant d'être définitivement noyée dans le papier crépon, l'encre de Chine et les paillettes dorées, voici la petite récap' du mois qui s'achève...

- Antonin s'est initié aux soustractions via l'application "premières opérations Montessori".


Au bout d'un mois d'utilisation, j'ai à présent une critique de taille à adresser à cette application : après la découverte des additions, et celles des soustractions... il manque quelque chose. Aucun exercice ne propose à l'enfant d'effectuer les deux opérations de front - tantôt l'une, tantôt l'autre. C'est fortement dommageable, car c'est une étape essentielle. L'important n'est finalement pas de SAVOIR FAIRE une addition ou une soustraction - même s'il s'agit d'une étape méthodologique nécessaire - mais de savoir IDENTIFIER la situation mathématique : "Quelle opération mentale dois-je faire ici, et que signifie concrètement cette situation ?" Seul un exercice mixant les deux procédés mentaux (l'enfant se voit proposer tantôt une addition, tantôt une soustraction, de manière aléatoire) peut permettre de muscler le sens des opérations l'une par rapport à l'autre.

Bon, je vais m'adresser aux conceptrices de l'application, peut-être pourront-elles ajouter un palier intermédiaire ?! 😊


- En attendant, j'ai conçu au début du mois une petite invitation sur les additions, que vous connaissez déjà si vous me suivez sur Instagram. J'ai imprimé ce quadrillage-ci, et j'ai découpé chaque feuillet en trois, de manière à obtenir des bandes de cinq carreaux de large. Antonin écrit un chiffre ou un signe par case, en ligne - nous sommes ici dans les compléments à 10, avec de petites quantités ne dépassant pas la dizaine une fois additionnées.


Ajoutez à cela : un crayon à papier et une gomme (ah, apprendre à gommer, le privilège suprême de l'apprenti scripteur !!), et la collection des chiffres rugueux pour se remettre le tracé dans les doigts en cas de doute. Il est à noter qu'en un mois de pratique, Antonin a très nettement amélioré sa graphie des chiffres - la tentation de l'écriture "miroir" s'estompe de plus en plus.

Reste à prévoir un matériel de manipulation concrète (boutons...) et un outil de vérification (calculatrice). L'application sur tablette susmentionnée peut remplacer ces deux derniers items (elle permet à la fois la visualisation des quantités et le contrôle de l'erreur).


Et Louiselle, pendant ce temps, assiste son frère en prenant en charge la manipulation concrète : cinq boutons plus deux boutons, égalent ? Laissez faire la Damoiselle, elle trouvera ! ;-)

- Ces derniers jours, Antonin a demandé à travaillé sur des quantités un peu plus grandes... et je lui ai montré la disposition "en colonnes". Tout ceci sera à reprendre, durant les mois à venir, en parallèle avec la décomposition en unités/dizaines/centaines... Un travail de longue haleine, dont la première graine a été semée...


- J'ai enrichi les "lutins" des enfants : pour Antonin, j'ai ajouté les derniers feuillets de notre fichier Kumon concernant l'écriture des nombres de 20 à 30. Je pense d'ailleurs acheter le fichier sur les additions simples prochainement. Pour Louiselle, elle s'entraine à présent à l'écriture des chiffres à l'aide de fiches de ce type (ce ne sont pas exactement celles-là, mais je ne retrouve pas celles que nous utilisons et que j'avais imprimé pour Antonin l'année dernière...).


- En attendant, Antonin compte ! Jusqu'à soixante, plusieurs fois de suite ("Quand est-ce qu'on arrive ? - Dans trois minutes. - Bon, alors je compte jusqu'à 60, trois fois ! 1, 2, 3..."), jusqu'à cent, jusqu'à mille...  Cette frise-là  a été imprimée, plastifiée et affichée dans la chambre d'Antonin et l'aide beaucoup dans sa récitation.

 
Quant à Louiselle, elle compte avec lui - du moins, jusqu'à 18 environ. Et quand son frère se met en tête de dépasser la centaine, elle l'interrompt en lui expliquant qu'elle en a plein les oreilles (moi aussi...).


- Sinon, nous révisons les quantités de 10 à 19 à l'aide du porte-perles - j'insiste particulièrement sur la décomposition du nombre en dizaines/unités, toute la compréhension de notre système numérique repose à-dessus.


 Louiselle en profite pour utiliser le porte-perle jusqu'à 9. 😊


- Côté lecture, Antonin poursuit son petit bonhomme de chemin. J'essaie de varier les supports pour l'encourager à écrire - soit librement, soit en s'appuyant sur les cartes-images des séries roses et bleues. 

Son média favori reste le traitement de texte sur ordinateur. Il choisit sa police (cursive, lettres capitales ou minuscules), et peut rester concentré très longtemps. Petit à petit, il intègre la place des lettres sur le clavier, l'usage de l'espace entre les mots, la ponctuation, la touche "entrée" pour aller à la ligne... Un vrai pro !


L'alphabet mobile est également très apprécié - surtout depuis que nous avons reçu les boites pour le ranger, ouah !

Et le rétroprojecteur permet une variable intéressante !


Enfin, j'ai confectionné un petit alphabet mobile cursif (inclus dans les packs de lecture de la boutique "Documents Montessori") : on imprime (trois fois, cela suffit pour la plupart des mots), on plastifie et on aimante... Et voilà un matériel à portée de main, sur la porte du réfrigérateur, qui autorise les petites séances improvisées - vous savez, quand vos enfants réclament une activité intellectuelle alors que vous êtes épuisé(e) et débordé(e)... 😉


Antonin est en plein dans la série bleue. Et c'est l'occasion pour moi de faire un point sur une angoisse récurrente des parents qui découvrent les méthodes archi-syllabiques, comme peut l'être la méthode Montessori.

Car quid de la correction orthographique ?? Enfin, lorsqu'on voir son enfant de 4 ans écrire "GIRLAND" au lieu de "GUIRLANDE", il y a de quoi s'évanouir, n'est-ce pas ? 😉

Blague à part, la langue française ne permet pas une approche syllabique bien longtemps. Une fois le principe phonétique intégré, il va bien falloir apprendre à écrire les mots par cœur - car tous ont leurs petites particularités orthographiques, qui ne sont que très rarement réductibles au code (essayez de lire "femme" ou "clown" en vous appuyant sur la syllabique...) ou à des règles fixes (ou alors, il faut compter presqu'autant de règles qu'il y a de mots...). Si nous étions nés dans 90% des autres pays du monde, la question de se poserait pas, mais chez nous, elle se pose. Et c'est la raison pour laquelle je refuse de hurler avec les loups à chaque évaluation PISA - la plupart des petits européens champions d'orthographe ont la chance d'écrire dans une langue dans laquelle la correspondance sons-lettres est rigoureuse... En français, on repassera ! 😄

Bonne nouvelle : en Montessori, justement, les difficultés orthographiques sont abordées très tôt. Et puisque l'enfant n'est pas lecteur passif mais bien scripteur, les intégrer va revêtir pour lui un sens nouveau.

Exemple : pour un lecteur "pur", il est relativement aisé de retenir que le "e", situé à la fin d'un mot, ne se prononce pas. C'est la première règle d'orthographe que l'on acquiert - bon, bien des enfants, enfermé dans un rôle passif, continuent de anônner "robeuuuuuh" jusqu'à la fin du CE2, mais c'est une autre histoire.

Pour un "lecteur-scripteur", la même règle a un tout autre visage : certains mots s'écrivent avec un "e" muet à la fin, et d'autres pas. Savoir lesquels, tel est l'enjeu de ce nouveau palier. Cela ne signifie pas que la tâche est aisée, non. Cela signifie que l'enfant est acteur. De l'usage passif de la règle ("Si je vois un "e" à la fin du mot, je ne le prononce pas."), on passe à un usage actif ("Bon, ce mot-là, je l'écris avec un "e" ou pas, sachant que de toute façon il ne s'entend pas ?").

Bien sûr, Antonin mettra plusieurs années à intégrer quels mots s'écrivent avec un "e" et quels mots n'en prennent pas. Mais il est éveillé à la difficulté orthographique dès le début - et à force de repasser ses cartes "série rose et bleu", savamment mélangées par moi, peut-être aura-t-il intégré la plupart des "formes" orthographiques avant que j'ai le temps de dire ouf !


Ci-dessus, Antonin s'appuie sur l'auto-correction au dos des cartes - ou même, me demande : "Maman, "Sole" a un "e", à la fin, ou pas ??".

Qu'importe qu'il sache ou non. Ce qui importe, c'est que cette bizarrerie orthographique existe dorénavant pour lui. Il sait que la question mérite d'être posée et c'est en ce sens que je la dis "intégrée" - le Damoiseau est "entré" en orthographe.


Et pendant ce temps, Louiselle continue de travailler le son des lettres cursives à travers leurs tracés....


... exerce son oreille phonologique - ici, en mettant en paire le son initial des mots et la lettre qui le code...


... et fait ses premiers pas en lecture. Ouch, ça, c'est du stade syllabique !


Vous le voyez, la Damoiselle n'a pas changé ! Bébé, elle interrompait ses séances de mises en paire par des postures de yoga, vous souvenez-vous ? Aujourd'hui, elle est prise d'un besoin irrépressible de réciter l'alphabet au beau milieu de sa lecture... 😄

Cette attitude est la preuve pour moi, en tant qu'éducatrice, que la concentration et la performance ne se mesure pas toujours à l'aulne de ce que les adultes perçoivent comme "attention"... L'enfant est ouvert au monde, sans filtre, et c'est ainsi qu'il apprend ! Louiselle me l'a prouvé des milliards de fois... Je me détends et prends patience ! :-)

- Une petite séance sensorielle pour rire : la tour rose les yeux bandés !😊


Antonin effectue l'exercice avec beaucoup de sérieux, mais Louiselle ne peut résister à la tentation d'utiliser la vue... En tous cas, l'exercice les fait rire aux larmes : observer les gestes maladroits de celui qui, en aveugle, essaie de prendre ses repères par le toucher, c'est tordant !! :


- Côté Vie pratique, c'est le découpage qui a la cote. Notre fichier Kumon (encore un !) continue de passionner les enfants. Je photocopie les fiches en fonction de leurs désirs - ils ont leurs activités favorites, qu'ils aiment faire et refaire -, je ne leur impose aucune progression et les laisse expérimenter les différents niveaux de difficulté comme bon leur semble.


En tout cas, ces fiches ont encore beaucoup à leur apporter et ne sont pas prêtes d'être reléguées au placard... Un bon investissement, en somme !


Bonjour, Décembre ! 😊
 

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